« Le métier d'infirmière est difficile et usant. Il n'est pas assez reconnu. »
Portrait d'une infirmière exerçant depuis près de dix ans et travaillant depuis peu dans un service de chirurgie digestive et de gastro-entérologie. Elle témoigne des réalités d'un métier exigeant, profondément humain, mais encore trop peu reconnu.
« J'ai toujours voulu être infirmière depuis que je suis petite. C'est surtout le contact avec l'être humain qui m'a motivée à faire ce métier », explique S.K., 39 ans (qui a souhaité rester anonyme). Depuis sa toute jeune enfance, elle souhaite travailler dans le domaine de la santé. Ce qui l'a toujours attirée dans ce domaine, c’est la possibilité d'aider les autres, de prendre soin des personnes malades et de se sentir utile au quotidien. Pour elle, être infirmière ne consiste pas seulement à réaliser des soins. Cela consiste aussi à accompagner les patients dans les moments parfois très difficiles de leur vie, les écouter et leur apporter du soutien.
Chaque jour, l’infirmière collabore avec des médecins, des chirurgiens, des aides-soignants, des kinésithérapeutes, des diététiciens, des infirmières coordinatrices et des cadres de santé.
La relation avec les patients est l'une des parties les plus importantes de son métier. Certaines qualités humaines sont indispensables pour exercer cette profession. L'empathie est essentielle pour comprendre les patients et les accompagner dans les moments difficiles. Ce qu'elle apprécie le plus est le contact humain. Elle aime prendre soin des personnes, les accompagner dans leur parcours de soins et leur apporter du réconfort lorsqu'elles traversent des moments difficiles.
« Ce qui me rend fière, c'est de savoir que les patients repartent en meilleure santé. »
« Ce qui me rend fière, c'est de savoir que les patients repartent en meilleure santé », explique-t-elle.
Dès l'arrivée d'un patient dans sa chambre, elle cherche à instaurer de la confiance. « Tout passe par le respect. Le patient est un être humain avant tout », affirme l’infirmière. Elle doit savoir communiquer avec des personnes très différentes : des enfants, des adultes, des personnes âgées ou encore des patients très inquiets. Chaque personne a une histoire et des besoins différents. Il faut également faire preuve de patience, de respect, d'organisation et surtout d'une grande capacité d'adaptation, car aucune journée ne ressemble à une autre.
Le métier demande également une grande résistance au stress. Il faut savoir réagir rapidement lorsqu'une urgence survient, comme un arrêt cardiaque, tout en gardant son calme. Bien qu'elle travaille en collaboration avec des médecins et des chirurgiens, elle est soumise à de nombreuses responsabilités.
Pourtant, certains problèmes sont plus compliqués à régler. Elle évoque parfois les difficultés de communication. « La barrière de la langue fait qu'on ne peut pas forcément communiquer correctement avec le patient », explique-t-elle. Certains patients ont peur, d'autres ne parlent pas français ou ne comprennent pas toujours les explications données. Dans ces situations, elle dit qu’elle doit savoir écouter, expliquer plusieurs fois si nécessaire et trouver des solutions adaptées. Ou bien, parfois, bénéficier de l’aide d’interprètes pour mieux échanger avec certaines personnes ou demander l'aide de la famille.
Au cours de sa carrière, elle a vécu de nombreuses situations marquantes. Certaines concernent des urgences médicales, d'autres des patients qu'elle a suivis pendant plusieurs semaines qui sont sortis ou qui n’en sont pas forcément ressortis… Même si chaque histoire est différente, elles lui rappellent l'importance de son métier, qui est de sauver des vies.
« La communication, c'est très important »
Pour exercer ce métier, après avoir obtenu un baccalauréat scientifique, elle ne s'est pas dirigée immédiatement vers les études d'infirmière. Passionnée par le sport, elle a choisi de poursuivre des études en STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives), APAS (Activité Physique Adaptée et Santé), en filière à part qui est orientée vers le milieu du handicap.
Après une année de master, elle a décidé d'entamer ces études d’infirmière. Elle est alors rentrée dans une école d'infirmière où elle a fait trois années de formation. Cette formation contient des cours théoriques et de nombreux stages. Selon elle, ces études demandent beaucoup d'investissement, de sérieux et de rigueur. Les étudiants doivent apprendre les gestes techniques, mais également la communication avec les patients et le travail en équipe. « La communication, c'est très important », souligne-t-elle.
Une fois diplômée, elle a commencé sa carrière dans un établissement accueillant des adultes handicapés. Aujourd’hui, elle travaille dans un établissement des Yvelines, au sein d'un service spécialisé en chirurgie digestive et hépato-gastro-entérologie. Même après presque dix années d'expérience, elle explique qu'elle continue d'apprendre et d'acquérir de nouvelles compétences chaque jour, car elle est confrontée à des profils de patients très différents.
Même si l’infirmière aime son métier, elle reconnaît qu'il comporte de nombreuses difficultés. « Le métier d'infirmière en France est difficile et usant. Il n'est pas assez reconnu », déplore-t-elle. Elle doit souvent prendre en charge un grand nombre de patients. Les journées durent douze heures. Elle n'a pas de planning fixe, car il varie chaque mois. Dans son cas, une journée de travail dure douze heures, mais des jours de repos suivent en fonction de son planning. Par ailleurs, les horaires ne sont pas pareils dans tous les services.
Les salaires, au regard des responsabilités exercées, ne sont pas suffisamment attractifs et découragent de nombreux jeunes de choisir cette carrière. Ce qui a un impact sur l’attractivité du métier. Elle dénonce par ailleurs les difficultés rencontrées par les étudiants infirmiers durant leurs stages où certains subissent de mauvais traitements de la part de certains soignants.
Pour l'avenir, elle espère que des mesures seront prises afin d'améliorer les conditions de travail, notamment avec de nouveaux équipements comme des climatiseurs durant les périodes de fortes chaleurs dans les hôpitaux. Mais surtout, selon elle, « le manque de personnel revient depuis des années et continue encore aujourd'hui. »
Oumar Diarra
