Anissa Ait Ali, à l’image d’une jeunesse solidaire et engagée


Anissa Ait Ali est une jeune femme engagée issue du quartier du Bois de l’Étang à La Verrière. Dernièrement, elle a participé à la création d’une association au service des sans-abri et des plus démunis. Portrait.

 

« Je prends beaucoup exemple sur mes parents. Avec mon frère et mes sœurs, on a envie de les rendre fiers. On a envie de leur montrer qu’on veut et qu’on peut aller très loin dans nos études », confie avec fierté Anissa Ait Ali, 18 ans, quand elle explique son propre parcours. La jeune femme a cofondé avec d’autres jeunes de son âge une association baptisée O’Cœur du Silence, à La Verrière, qui s’occupe des personnes en situation de précarité. « On voulait un nom qui parle, qui représente ceux qu’on oublie trop souvent, et montrer que même jeunes, on peut agir », explique Anissa avec émotion. Ces jeunes, ce sont quatre adolescents et de tout jeunes adultes qu’Anissa connaît depuis tout petits au quartier du Bois de l’Étang et à Orly-Parc, à La Verrière.

La jeune association est née à la fin de l’année 2025. « L’idée, c’est d’aider comme on le peut les sans-abri, mais aussi les enfants orphelins ou dans le besoin, et de lutter contre la précarité présente dans le quartier. » L’idée de la création de cette association s’est faite à la Maison des Initiatives et des Réussites (MIRE) de La Verrière, « au détour d’une conversation après un apéro-débat, avec des amis. On s’est demandé comment être des jeunes actifs et engagés. La première idée qui s’est imposée, c’était d’aider. Alors, on est partis sur la création d’une association. On s’est concertés pour former un bureau, se répartir les rôles et les responsabilités », raconte Anissa, qui a créé l’association en ligne dans la foulée.

La jeune femme est une habituée des activités proposées par la MIRE, qu’elle a côtoyée pendant toute son adolescence. Aujourd’hui, elle file parfois un coup de main, par exemple pour la rédaction du CV d’un jeune. Parce que, du côté des études, ça marche plutôt bien.

 

"Je veux faire de longues études, au minimum un bac +5, le master"

Actuellement étudiante en première année de BTS Collaborateur juriste notarial à Versailles, elle nourrit depuis longtemps un intérêt pour le droit et les métiers de la justice. « Le notariat n’était pas mon premier choix », déclare-t-elle. « Après mon bac général au lycée des Sept-Mares à Maurepas, j’ai candidaté sur Parcoursup pour des études de commerce en BUT ou BTS, mais je n’ai rien trouvé de concret à proximité de chez moi. J’ai été redirigée par l’algorithme vers ce BTS en notariat », explique Anissa. « Je veux faire de longues études, au minimum un bac +5, le master », affirme la native de Trappes, qui a grandi à La Verrière, même si elle vit depuis quinze ans aux Essarts-le-Roi, dans les Yvelines, à quelques kilomètres de là.

Il faut dire que la passion pour les longues études, Anissa la partage avec sa fratrie. Son frère aîné, contrôleur financier, vit en Allemagne, tandis que sa grande sœur poursuit un master en data marketing. Quant à sa petite sœur, elle est encore au collège. Ses parents, d’origine marocaine, arrivés jeunes en France, n’ont pas eu la possibilité de poursuivre de longues études et ont dû travailler tôt pour offrir à leurs enfants un cadre stable et les meilleures chances de réussite.

Du côté de la vie de la toute jeune association, Anissa et ses amis ont déjà pu récolter des dons de vêtements auprès de connaissances de La Verrière, Trappes, Maurepas et Coignières. Pour faire connaître leur action, ils ont utilisé le bouche-à-oreille grâce à leurs parents et à leurs connaissances, ainsi qu’aux animateurs du club ado, une autre structure de la ville. L’action a bien fonctionné. Anissa et ses amis ont réussi à créer un mouvement de solidarité et à récupérer une grande quantité de vêtements et de produits d’hygiène qu’il va falloir maintenant trier. De ce fait, ils ont aussi pu récupérer des colis alimentaires auprès de petits commerces des villes de Trappes et de La Verrière.

 

"Notre crainte serait que les adultes qu’on voudrait aider ne se sentent pas à l’aise avec nous."

Bien qu’ils ne disposent pas encore de local propre, l’association bénéficie de l’accueil de la MIRE, toujours elle, où les jeunes membres se réunissent régulièrement. C’est là qu’ils organisent leurs réunions et reçoivent les dons. Les dons récupérés, ils vont les distribuer le 14 février prochain dans les camps de sans-abri, sur Paris, puis dans les autres camps qui se sont installés à proximité de la gare de La Verrière, du côté d’Élancourt, mais aussi dans le quartier d’Orly-Parc.

« Oui, on rencontre des difficultés, raconte Anissa. Notre crainte serait que les adultes qu’on voudrait aider ne se sentent pas à l’aise avec nous. On remarque aussi que certains aînés qui vivent dans la rue et qu’on aide ont du mal à recevoir de l’aide de notre part, car ils nous voient un peu comme leurs petits. » Anissa pense qu’il faudrait peut-être se renseigner auprès d’autres aînés pour savoir comment agir de manière plus efficace et faciliter les échanges avec ces publics. « On veut pouvoir aider sans froisser leur ego ou leur amour-propre. On va travailler sur la manière de se faire accepter au mieux. »

 

Dissane Kafechina


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