AESH, des femmes en première ligne de l’école inclusive

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Isabelle Lagravière, Accompagnante d’Élève en Situation de Handicap (AESH) au collège Alexandre Dumas de Maurepas, nous raconte les trésors d’imagination qu’elle mobilise pour trouver le moyen de faire progresser chacun des enfants qu’elle accompagne.

« On pourrait croire que c’est toujours la même chose » mais « ce métier est d’abord de l’écoute et de l’adaptation » affirme Isabelle Lagravière, accompagnante d’élève en situation de handicap (AESH) depuis 2018. Sa mission est de favoriser l’autonomie des élèves pour qu’ils puissent plus tard être indépendants.

« On va considérer que c’est un nouveau métier », explique-t-elle. Quand elle a commencé, en accompagnant des élèves de maternelle et de primaire, ce métier était accessible sans aucun diplôme. Il est maintenant accessible dès le niveau bac, mais toujours sans formation universitaire. Selon Isabelle Gravière, pour être AESH il n’existe pas de règle toute faite. Il n’y a qu’un seul pré requis : « Aimer la relation d’aide à la personne ». Cela lui convenait très bien.

Son travail en collège lui permet de rencontrer une multitude de professeurs, et, par conséquent de méthodes, très différentes les unes des autres. L’accompagnante se nourrit de cette diversité pédagogique, elle dont le métier consiste à faire face au challenge de s’adapter aux différents comportements et difficultés des deux élèves dont elle s’occupe cette année.

Selon ses dires, elle ne fait pas ce métier pour l’argent car « c’est très mal payé », annonce-t-elle de manière brute. C’est avant tout « un choix, suite à un parcours professionnel et familial ». Son fils a lui-même bénéficié d’une AESH durant ses années de primaire, ce qui lui a permis de découvrir ce métier. Sa motivation consiste en quelque sorte à rendre ce qu’elle a reçu. C’est aussi un métier qui lui permet d’avoir d’autres activités à côté.

Dans le cadre de son action, Madame Lagravière aimerait avoir plus d’« amplitude d’action » explique-t-elle. Elle n’a pas vraiment de temps « entre 4 yeux » avec ses élèves, le temps d’accompagnement n’étant réparti sur les heures de cours, et pour quelques réunions de pré-entrée ou de fin d’année. Elle utilise donc les temps de permanence, lorsqu’un professeur est absent, ce qui reste assez rare.

Elle explique aussi qu’une autre difficulté apparaît quand le cours va trop vite et que l’élève qu’elle accompagne a besoin qu’on lui réexplique. Alors, elle ne peut pas parler trop fort pendant le cours pour ne pas déranger les élèves autour. Il faut donc se contenter de chuchoter. « On aurait parfois besoin d’un cours supplémentaire » estime-t-elle.

Les élèves, qui lui sont confiés changent d’une année à l’autre. Certains sont atteints de « troubles dys » et ont besoin que leur AESH écrive le cours pour eux. D’autres, ayant des troubles de l’attention, ont besoin d’elle pour les aider à canaliser leur énergie et rester concentrés. Et tout cela de manière bienveillante.

Parfois, pour parvenir à ses fins, il lui suffit de savoir écouter. Mais quelques fois, elle a dû inventer des méthodes. Par exemple, un jour qu’elle ne parvenait plus à aider un élève trop déconcentré, et parce qu’elle « avait la possibilité de prendre cet élève » avec l’accord de la professeure, elle a accompagné cet enfant en dehors de la classe et a improvisé sur un « parcours de ruban » raconte-t-elle. Il devait marcher comme un funambule sur le ruban disposé au sol. En quelques minutes, l’enfant était de nouveau apte à suivre le cours. Et quand on lui demande si elle se voit faire ce métier longtemps, Isabelle Lagravière annonce qu’elle changera « quand elle en aura marre. » Ce qui ne semble pas près d’arriver.

Émilie et Émilie, élèves en classe de 4ème au collège Alexandre Dumas de Maurepas

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