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« Tu sais, si ma grand-mère elle fête Noël, c’est pour les petits-enfants » – Trappy Blog

« Tu sais, si ma grand‐mère elle fête Noël, c’est pour les petits‐enfants »

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À quelques heures du réveillon de Noël, trois lycéennes et lycéens de confession et de culture musulmanes du Lycée Dumont d’Urville à Maurepas (78) racontent leurs manières différentes de vivre la période de Noël.

« Mes parents n’ont jamais fêté Noël. Ce soir‐là, on reste devant la télé en pyjama comme tous les soirs, on mange un plat simple et on se couche quand on est fatigués ». La famille de Soumaya, d’origine Marocaine, réside au quartier du Bois de l’Etang à la Verrière depuis 5ans. « Ma mère a habité au Maroc jusqu’à ses 5 ans et mon père jusqu’à ses 10 ans ». Ils font partie des familles musulmanes pour lesquelles Noël est un jour comme les autres. En entrant dans sa chambre pour parler au calme, Soumaya, accompagnée de sa petite sœur, Sarah, enlève le voile qu’elle venait de mettre pour aller chercher son petit frère au stage de foot. Assise sur son lit deux places, elle explique que Noël n’appartient pas à ses traditions. Dans cette famille pratiquante, on fête l’Aïd, c’est à ce moment que les enfants reçoivent leurs cadeaux et se réunissent en famille autour d’un grand repas. « On fête l’Aïd avec toute notre famille. C’est souvent chez moi. On mange du mouton, les enfants reçoivent leurs cadeaux et les grands, des enveloppes avec de l’argent. C’est notre Noël à nous ! » dit‐elle en rigolant.

« J’ai mon calendrier Kinder moi aussi ! »

Dans la famille de Léa non plus on ne fête pas Noël. Pourtant, on retrouve certaines traditions de cette fête chez ces habitants du quartier d’Orly Parc à la Verrière. Dans la cuisine, à côté des tasses de café, se trouve un calendrier de l’Avent spider man. « Mon petit frère a fait une crise à ma mère cette année pour avoir le calendrier spider man comme tous ses copains de l’école, alors ma mère a cédé. » Quelques guirlandes lumineuses bleues et blanches sur le bord de la télévision, histoire de faire plaisir au petit dernier de la famille. Léa nous emmène dans le salon autour d’une tasse de thé et de quelques kinders pour commencer à discuter. Elle confie que dans sa famille, si on ne fête pas réellement Noël, elle‐même aime s’acheter un calendrier de l’Avent afin de manger des chocolats (« J’ai mon calendrier kinder moi aussi ! »), mais aussi regarder des films de Noël à la télévision, faire un bon repas en famille le soir du 24 décembre. « En général, le soir du réveillon on fait un repas un peu plus sophistiqué que d’habitude, avec du saumon, des toasts, du foie gras. On mange du poulet avec des patates ou des fruits de mer, ça dépend de ma mère. »

C’est par le biais du petit frère que Noël s’est installé dans la famille. « Mon petit frère, Samy, subissait beaucoup de moqueries à l’école car il n’avait pas reçu de cadeaux du “Père Noël”, et quand tous les garçons ont débriefé sur leurs cadeaux, Samy n’avait rien. Du coup il revenait de l’école en pleurs. Alors, ma mère a fini par céder, et au fil du temps on retrouve chaque année quelques bricoles, le jour de Noël ». Même si elle ne l’a pas toujours fêté, la maman a toujours connu Noël puisqu’elle est arrivée d’Algérie à l’âge de 6 mois. Le papa, qui est arrivé en France lui aussi en provenance d’Algérie mais à l’âge de 16 ans, n’était pas forcement d’accord pour transmettre à leur enfants le goût de Noël. « Mon père n’est pas d’accord avec le fait que ma mère achète des cadeaux. Il estime que nous sommes déjà assez gâtés à l’Aïd. Et ils pensent qu’en tant que parents ils doivent transmettre la même éducation que celle qu’ils ont reçue. » Mais ces tensions ont fini par s’apaiser une fois Noël passé. « Quand mon père voit mon petit frère s’émerveiller devant ses cadeaux, il commence même à jouer avec lui, pour lui faire plaisir. »

« Moi j’ai toujours fêté Noël »

Dans la famille de Myriam, on fête Noël en famille depuis des années. Cette famille de la Verrière a déménagé depuis peu du quartier du Bois de l’Etang à celui d’Orly Parc. « Moi j’ai toujours fêté Noël avec ma famille. On fait un repas chez mon oncle à Meudon et le soir à minuit on retrouve plein de cadeaux sous le sapin, près de la télé ». A quelques heures du réveillon, les voitures commencent à geler, les derniers retardataires reviennent des supermarchés avec un grand sac. Quand on entre dans la maison de Myriam, on voit que les vitres, les meubles, le salon et même les chambres sont décorés. A gauche du salon, à côté de la cage du lapin, un grand sapin, un grand sapin coloré, décoré de bleu, de blanc et de marron . « C’est moi qui l’ai décoré avec mes trois petites sœurs », sourit Myriam fièrement. Dans la famille de Myriam, ce sont les parents, ainsi que ses oncles et tantes qui ont décidé de se retrouver pour cette fête. « Ils ont tous décidé de célébrer cette fête pour nous, leurs enfants. Ma mère est arrivée en France quand elle avait trois ans. Mais quand elle était petite elle ne fêtait pas Noël, puisque ma grand‐mère était très croyante. Ma mère a 47 ans et mon père 56 ans, ils fêtent Noël seulement depuis qu’ils ont des enfants ». Lors de ces repas, il est impossible que la grand‐mère ne soit pas de la partie. « Ma grand‐mère a 65 ans. Elle vient d’Algérie. Elle est arrivée en France quand ma mère avait 3 ans ». C’est seulement une fois arrivée en France que son mari a expliqué à la grand‐mère comment on fêtait Noël en France. Si elle a toujours été là lors des repas de Noël, elle le fait pour profiter de sa famille et des derniers petits‐enfants qui n’habitent pas à côté. « Ma tante habite à Orléans et mon oncle à Valence, alors c’est rare que toute la famille soit réunie, il en manque toujours un », dit‐elle en rigolant.

En France, il est presque impossible de ne pas fêter Noël : dès le début du mois de décembre, les festivités commencent, il y a des promotions, des chocolats, des pères noël, des décorations. Pour la grand‐mère c’est parfois compliqué de faire le ramadan, de prier et en même temps de fêter Noël. « Je sais que ma grand‐mère n’est pas d’accord avec le fait que ses enfants fêtent Noël, et qu’ils n’ aient pas transmis à ses enfants la même éducation que la sienne. Elle me dit souvent : tu sais Myriam, si mamie est là, c’est que pour ses petits‐enfants ».

Natacha Nedjam

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