J’ai passé quelques jours au camp de Calais

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A Calais, a proximité du camp, existe un travail permanent et solidaire de nombreuses associations bénévoles. J’ai passée 3 jours au sein de l’une d’entre elles en compagnie de 3 de mes amies.

En arrivant au local de notre association, les bénévoles présents nous ont répétés que « le travail fait au sein du local est essentiel et se répercute automatiquement sur la vie des migrants ». Forts du sentiment de responsabilité qui nous est tombé dessus d’un coup, nous avons pris très à cœur nos tâches.

La journée au sein de l’association commence avec un petit déjeuner collectif et une série d’exercices physiques, afin de se découvrir entre bénévoles, d’instaurer une ambiance conviviale, et de souder le groupe. Ensuite, les responsables nous présentent les différentes règles à respecter, puis les différentes tâches à effectuer, que nous nous répartissons librement. Les responsables de cette association sont des jeunes britanniques d’une vingtaines d’années venus spécialement pour aider du mieux qu’ils le peuvent les migrants.

Le tri et la sélection des vêtements et des accessoires est l’une des tâches les plus importantes. Enfin, c’est ce que nous disait la responsable mais je dois bien avouer que je ne me suis pas demandé pourquoi. Tout au long de la journée les bénévoles responsables de cette section doivent trier les habits en fonction du sexe, de la taille, du vêtement et de son état. Il est naturellement exclu de fournir des vêtements déchirés ou miteux aux migrants. Car le principe n’est pas uniquement d’aider à nourrir ou vêtir les migrants mais aussi de tout faire pour qu’ils puissent vivre convenablement. Une fois ce tri effectué, les vêtements sont acheminés dans le camp auprès des migrants afin de leur être distribués en fonction de leurs besoins. En parallèle, la nourriture, après avoir elle aussi été triée par les bénévoles au sein du local, est distribuée aux migrants sous une forme non cuisinée (sachets de pates, de riz, sel, poivres).

Contrairement à ce que peuvent laisser penser les images vues à la télé, dans le camp tout est organisé. Les migrants ont reconstruit leur vie au sein de ce camp. Ainsi, dans chaque section du camp on retrouve une allée principale au bord de laquelle on retrouve des restaurants, des magasins de nourriture ou de produits de toilettes. Un vrai petit village en construction. Les migrants se répartissent majoritairement selon leur nationalité. Les drapeaux des pays flottent sur des tentes ou sur des piliers plantés au sol. Cependant, contrairement à ce qui se passe dans un village, on sépare les hommes du reste de la population. Une partie du camp est aménagée pour les femmes et les enfants.

Le matin, les habitants du camp font leur toilette, se rendent chez le dentiste, le médecin, cuisinent ou discutent avec leurs amis ou leurs voisins. Certains se rendent en ville. Je ne sais pas comment se passe l’autorisation pour aller au dehors du camp. Je n’ai fait que voir des personnes sortir ou rentrer.

Nous avons passé quelques heures dans une portion du camp pour nettoyer les déchets. Les habitants nous ont fourni des sacs, des gants, certains nous ont aidés. Cependant, nous ne sommes malheureusement pas restés assez longtemps pour entamer un dialogue et des échanges avec les habitants du camp.

Dans ce travail de bénévolat, la bonne humeur et l’entraide sont omniprésent.Tous les bénévoles sont venus pour suivre un même objectif d’entraide et de solidarité cela se ressent à travers une ambiance conviviale. J’ai découvert au cours de ces trois jours qu’au sein d’un camp de migrants la vie, finalement, s’organise. L’action coordonnée des associations et des migrants fait de cet espace un véritable lieu de vie, temporaire, avant la réalisation de leur futur projet.

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Infos de l'auteur

Jade Belghali

J'ai 19 ans, je suis en première année à Sciences Po Paris. Je suis très engagée dans la vie citoyenne. Je partage mon temps entre les études, les amis et les engagements associatifs et politiques.