J’ai 19 ans et j’ai été femme de ménage

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On ne s’en rend pas forcément compte mais trouver du travail, même le temps d’un été, en tant que femme de ménage c’est pas évident. Il faut un diplôme spécifique et au minimum 3 ans d’expérience. Et si en plus on vient de Trappes c’est quasiment mission impossible. Du coup inutile de se casser la tête à envoyer des CV, il faut canaliser toute son énergie dans la recherche d’un bon piston.

Pour ma part, j’ai pu compter sur ma meilleure amie pour devenir femme de ménage, qui elle-même trappiste, n’a pu trouver de travail que grâce à quelqu’un de sa famille… bref grâce à elle je travaille dans une société à Saint-Quentin-en-Yvelines.

J’ai donc été recrutée pour accomplir deux taches : récurer les toilettes et nettoyer les bureaux. À première vue, ce n’est pas le travail le plus agréable mais pour moi la bonne nouvelle c’est que je travaille toute seule avec personne pour m’observer ou me dire ce que je dois faire. J’étais donc satisfaite.

Les deux premières semaines, j’ai commencé par faire la poussière. Je trouvais ça assez drôle au départ d’aller de bureau en bureau, entrer dans l’intimité des gens, remarquer à quel point ils sont désordonnés ou à l’inverse à quel point ils sont maniaques.

Mais au fur et à mesure que je découvrais l’irrespect de certains, ça devenait de moins en moins drôle. Certains laissent leur poubelle sur leur bureau en pensant que c’est à moi de la jeter, d’autres confondent leur bureau avec la table de la cantine … et (attention ouvrez grand vos yeux) d’autres s’amusent même à éparpiller leurs poils pubiens sur leur bureau – non ce n’est pas une blague – et je ne veux même pas essayer de comprendre le pourquoi du comment de ce comportement écœurant. Bref, ce fut choquant et traumatisant.

La 3ème semaine j’ai commencé à faire les toilettes. Je trouvais ça moins fatiguant car je n’avais que 16 WC à faire par jour. Mais ma satisfaction a une fois de plus laisser place à du dégoût lorsque j’ai une fois de plus eu à faire à des poils pubiens sur les cuvettes des toilettes, par terre, et même… sur les lavabos… bref, même quand y’en a plus, y’en a encore.

Ce qui est drôle c’est que les toilettes des femmes sont toujours beaucoup plus propres que celles des hommes, les envies brutales de vomir ne me prennent que lorsque je franchis la porte des toilettes des hommes.

Aujourd’hui je suis même persuadée que les hommes sont tous malvoyants, bizarres et attardés car ils sont incapables d’assimiler les règles basiques d’hygiène qu’on apprend lorsqu’on est tout petits. En effet, il y en a qui n’arrivent pas à viser correctement la cuvette. Ca m’est même arrivée de trouver pas seulement des gouttes par terre mais des flaques !! la seule explication rationnelle serait de dire qu’ils ne voient pas bien les pauvres. D’autres vont même plus loin, en ne faisant aucune différence entre la cuvette et le lavabo. Et le pire c’est qu’après avoir commis ces péchés impardonnables ils ne se lavent même pas les mains ! Qu’est ce qu’ils peuvent être fascinants ces êtres humains de sexe masculin ! ils vont sur la lune mais ils n’arrivent toujours pas à être propres.

Bon, mis à part quelques incidents traumatisants, je vois ce travail comme une expérience enrichissante car on ne se rend pas vraiment compte de ce que vivent au quotidien toutes ces femmes et tous ces hommes qui se tuent à la tâche pour nettoyer notre crasse et pour être au final payés au lance-pierres. Personne ne se rend compte à quel point ça peut être difficile voire même humiliant, d’autant plus que chacun doit ensuite rentrer chez soi et s’occuper d’un mari/ femme et d’enfants parfois ingrats et insensibles. Pour moi ces gens-là méritent le plus grand des respects.

Heureusement pour moi, je reprends bientôt les cours, donc finis le ramassage de poils ! place un autre type de traumatisme : la prépa!!

Dikra Saadi

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Infos de l'auteur

Dikra Saadi

J'ai 18 ans, en première année de licence de droit à l'université de Saint-Quentin. Citoyenne révoltée , pour moi Trappy blog est non seulement un moyen de partager mes expériences et de m'ouvrir à de nouvelles choses, mais aussi l'opportunité de montrer que Trappes ne se résume pas à l'image négative que certains médias véhiculent.