Une Trappiste à Rio

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Le soleil est brûlant, coiffée d’une afro et d’une longue chemise à carreaux noirs et verts je rencontre notre voyageuse à l’espace jeune Anatole France. Kadia, 18 ans, habitante de Trappes a réalisé un Raid sportif durant les Jeux Olympiques au brésil du 9 au 19 août avec l’association UFOLEP. Elle nous raconte tout.

Kadia est une grande sportive et une étudiante consciencieuse. Elle s’efforce d’allier études (elle prépare un BTS commerce international) et danse “même s’il ne faut dormir que trois heures par nuit” dit-elle en riant. Le sport, elle la pratique jusqu’à 16h par semaine, en plus de la dance avec la compagnie Black Blanc Beur créée en 1986 à Trappes. Du coup quand, en 2013, la ville de Trappes propose un Raid, elle n’hésite pas.“Un Raid sportif c’est l’enchaînement de plusieurs épreuves collectifs pendant un temps donné” m’explique calmement Kadia. L’un des objectifs est de promouvoir le développement durable à travers un objectif écocitoyen, mais aussi l’aspect humain travers l’organisation de rencontres avec d’autres jeunes issus de pays et de cultures différentes.

Kadia est tellement marquée par l’événement qu’elle souhaite réitérer l’expérience à la prochaine occasion. Mais lorsque le moment tant attendu arrive enfin elle a désormais plus de 18 ans, alors que le séjour est réservé au 15 – 17. C’est alors qu’on lui propose d’encadrer le séjour, et même de l’organiser conjointement avec les services de la ville de Trappes. D’ailleurs elle n’oublie pas d’insister sur l’aide qu’en plus de la ville, elle a obtenu du député de sa circonscription Benoit Hamon. Dans le cadre de son projet, la ville a recruté un coach sportif pour assurer des entraînements réguliers, organiser d’un loto pour lever des fonds.

Trappes c’est ma plus grande force” 

Au terme de cette préparation Kadia et son groupe de jeunes ont eu la chance de pouvoir vivre 10 jours au Brésil, dont 3 jours à Rio, et 7 dans la région de Baia, plus précisément dans la ville d’Itacaré, superbe occasion de mélanger plusieurs groupes de jeune issus de milieux sociaux différents. Mais c’est pas tout de faire des rencontres, ils étaient quand même partis pour se bouger un peu. Là-bas, ils participent à des compétitions de course à pied, de canoë-kayak, de vélo, de pirogue (oui-oui), de football et de volley. Et puis ils font l’ascension du mont “pain de sucre ». De quoi préparer un décathlon 2.0. Le résultat n’est pas le plus important (l’important c’est de participer, surtout quand on finit mal placés). Le vrai grand succès de l’entreprise est dans sa capacité à permettre les interactions entre jeunes issus de cultures différentes, dans un environnement totalement nouveau pour eux. Où que je sois, je m’efforce de représenter au mieux ma ville. Trappes c’est ma plus grande force. J’essaie de lutter comme je peux contre les préjugés dont ma ville est la victime.” Cerise sur le gâteau, ils purent assister à l’épreuve olympique de canoë-kayak. C’est pas la finale du 100m d’Usain Bolt, mais c’est pas mal quand même.

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Infos de l'auteur

Makan Fofana

Habitant du quartier du Bois de l'Etang à La Verrière, ancien étudiant à la Sorbonne Nouvelle en Licence Langue Littérature et civilisation, écrivain à mes heures perdues, amateur de philosophie, de spiritualité et du monde de l'entreprise. A travers ce blog je souhaite favoriser de nouvelles initiatives dans le quartier.