Saint-Quentin Debout, Épisode 4 : La fin du mouvement ?

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Fort de leur engouement et leur soutien pour les mobilisations et les actions citoyennes, les élus de la majorité communiste de La Verrière ont décidé de lancer le mouvement Nuit Debout dans leur commune. À Guyancourt, au contraire, ça semble être la fin…

Ils étaient trente-cinq selon les organisateurs, (on n’a pas les chiffres de la police) au centre commerciale Orly-Parc, en face de la gare, à discuter sur l’espace publique dans la soirée du samedi 30 avril. Selon une feuille volante distribuée à Nuit Debout à Guyancourt, et selon une annonce sur les réseaux sociaux, le mouvement devait être lancé sur cette même place à 16h00 avec un micro ouvert. Nous n’étions que cinq ce jour-là, à cette heure-là, dont une femme venue de Maurepas souhaitant mettre en place la mobilisation sur le territoire maurepasien. C’est en fait à 18h00, heure prévue au départ pour le début de l’assemblé générale (AG), que Nuit Debout a été lancée. Cependant, sans informations des organisateurs, nous nous sommes tous rendus vers 17h à Guyancourt pour la tenue de l’AG du samedi. Selon Mehdi Litim, notre rédacteur en chef, présent à 18h00 à La Verrière, mis à part trois-quatre élus ça ne se bousculait pas vraiment. La soirée venant, un petit rassemblement a eu lieu. Une semaine après, le 7 mai, il y avait encore moins de monde. Au point que les organisateurs ont programmé le prochain rendez-vous le 29 mai.

Ce même samedi 30 avril, à 18h00, à Guyancourt, sous le porche de la bibliothèque universitaire, un maximum de vingt-cinq personnes étaient présentes à l’assemblée générale. L’action anti-pub a été évoquée et une première série d’affiches destinée à masquer les panneaux publicitaires des abribus de SQY ont été présentées par Matthieu, un militant. Mais personne ne sait si cette action a vraiment eu lieu. L’un des organisateurs, Antonin, après avoir rappelé la victoire des chauffeurs de bus de Cars-Perriers (Sqybus) dans leur revendication pour une augmentation de salaire, a proposé la mise en place d’une action de soutien en vue de l’amélioration de leurs conditions de travail. Une discussion s’est alors engagée concernant la conduite des chauffeurs du réseau Sqybus. Selon certains participants, quelques chauffeurs mettent à mal la sécurité de leurs voyageurs en commettant régulièrement des infractions au code de la route. Selon d’autres il ne fallait tout de même pas généraliser au risque de rendre difficile la convergence des luttes. Il y a aussi des chauffeurs qui conduisent bien. Enfin, un point technique a été fait pour le micro ouvert du mercredi 4 mai, Antonin a expliqué que faute de micro il ne se passerait rien en ce 4 mai.

Depuis cette AG, il ne se passe plus rien. Je suis allé sur le parvis de la Bibliothèque universitaire le samedi 7 mai à 20h45. Il n’y avait plus personne bien que le parc fut rempli de promeneurs. J’y suis retourné le 11 mai, à 18h00 cette fois-ci, mais personne n’est venu. J’ai donc fouiné sur les réseaux sociaux pour en savoir plus. La page Facebook Nuit Debout SQY est inactive depuis le 3 mai. Seule une publication pour dire « NON au 49.3 ! » a été publié le 12 mai. Sur le groupe public mais fermé de ce même réseau social consacré à l’organisation de Nuit Debout à Guyancourt/Montigny, j’ai compris que la période des examens a porté un coup fatal au mouvement, les organisateurs étant tous, sauf un, étudiants. Qui plus est, selon un étudiant, le nouveau président de l’Université Versailles-Saint-Quentin en Yvelines Didier Guillemot ne soutiendrait pas les étudiants grévistes. Le 14 avril, il n’y avait toujours pas d’AG et le parc de la Bièvre était définitivement rendu aux promeneurs.

Pourquoi ce rien ? De manière générale, le mouvement Nuit Debout a du mal à se développer en « banlieue ». SQY, comme d’autres territoires, n’est en effet n’est pas une terre traditionnelle de grande mobilisation citoyenne. C’est aussi peut-être dû à un défaut d’organisation. Les organisateurs n’ont pas pris le temps de mobiliser les réseaux citoyens de leur connaissance. Par ailleurs, Nuit Debout aurait pu plus facilement s’implanter à Saint-Quentin en Yvelines si la convergence entre les associations et collectifs citoyens des douze villes avait pu être réalisé. Mais ça, c’est encore une autre histoire…

Tristan Péribois

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Infos de l'auteur

Tristan Péribois

Dionysien de naissance mais Guyancourtois de cœur, j'ai grandi entre Guyancourt, Montigny et Voisins. Passionné de lecture, d'écriture et de politique, j'ai crée un blog "Elections Guyancourtoises" et participé à la rédaction du journal local "Le Complément". Le Trappy Blog est une nouvelle étape dans mon engagement.