Saint-Quentin debout, Épisode 3 : Ça espère et ça s’essouffle !

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Le micro ouvert sur le parvis de la gare n’a pas permis de mobiliser la population passante et habitante du centre de Saint-Quentin en Yvelines. Le mouvement semble se cristalliser autour d’un cercle réduit de militants, tandis qu’aucune commission ne s’est encore réunie.

Il n’y avait guère de monde le lendemain, jeudi 21 avril, du micro ouvert de la veille. Pire, nous étions moins d’une dizaine à discuter sur le parvis à l’entrée du Parc des Sources de la Bièvre, à l’entrée de la bibliothèque universitaire de l’université de Versailles-Saint-Quentin. La plupart des gens présents étaient organisateurs. Rien d’exaltant, ça rame dans la mise en place du mouvement malgré l’espoir toujours présent des participants. Ce soir-là, la discussion tournait autour d’actions qui pourraient lancer le mouvement, afin de le faire connaître d’avantage. Une action anti pub semble la plus envisageable car elle remplit les conditions fixées par la première assemblée générale de Nuit Debout SQY, à savoir la non-violence de l’action. Cette action, qui consistera à recouvrir les panneaux publicitaires, a été votée lors de la deuxième AG. Il n’y aura pas de dégradation puisque l’ouvrage des militants pourra être démantelé sans abîmer le mobilier urbain. Une réunion publique d’organisation concernant cette action aura lieu sur cette même place le jeudi 28 avril 2016 à 18h30.

Une autre idée, mûrie de longue date, fût mise en oeuvre : organiser un concert populaire. Il a eu lieu sous le porche de la Bibliothèque Universitaire le vendredi 22 avril 2016 au soir. Quelques rappeurs amateurs et musiciens du coin se sont donnés rendez-vous mais ça n’a pas attiré les foules. Seulement quelques militants, habitués de ce genre d’événement, des étudiants aussi, ainsi que quelques curieux. La fête s’est concentrée sous le porche tandis que la place du Bassin de Marta Pan et les pelouses de l’entrée du parc paraissaient bien vides. L’optimisme et le courage des organisateurs ne peuvent empêcher le spectateur de se poser des questions sur le succès de ces événements. Autre moment de vérité, le lendemain, lors de l’assemblée générale du samedi.

L’AG du samedi 23 avril 2016 a fait pâle figure à côté de la première AG. A 20h00, nous étions une vingtaine sous le porche du la bibliothèque universitaire. Évidemment, l’assistance a essayé de comprendre pourquoi le mouvement a dû mal à prendre à SQY. La rapidité du démarrage a été principalement évoquée. Les habitants n’auraient pas eu le temps de suivre le mouvement. Le besoin de temps, aussi, pour tout mettre en place. Autre explication : le besoin d’actions, nécessaires à la mobilisation de nouveaux participants. L’idée d’un campement pour véritablement passer la nuit debout a ainsi été au cœur des discussions. Mais cela demeure un fantasme pour le moment, au vu du nombre de personnes aujourd’hui mobilisées.

Rien d’étonnant à ce que Nuit Debout SQY ne décolle pas. Saint-Quentin en Yvelines n’est pas un territoire de grande mobilisation populaire. A quand remonte la dernière ? Plus loin que là où mes souvenirs peuvent me porter. Si les collectifs citoyens y fleurissent et rencontrent des victoires, leur intérêt reste principalement municipal. En effet, SQY réuni douze villes qui forment un ensemble social et économique bien trop hétérogène pour qu’existe une cohésion entre les 300 000 habitants de l’agglomération. Il n’existe d’ailleurs aucune histoire locale commune à cette douzaine de villes nouvelles, qui sont apparues sous leur forme actuelle dans les années 60, 70, voire 80. De ce fait, lorsqu’un mouvement populaire se crée c’est, au mieux, à l’échelle d’une ou deux villes : Les amis de la Revanche (Elancourt et Plaisir), Les assigné(e)s de Montigny (Montigny le Bretonneux), La Minière maraîchère (Guyancourt) et cetera. Bien que ces mouvements soient parfois soutenus par des habitants d’autres villes St Quentinoise, ce phénomène reste marginal. Nuit Debout SQY, qui est d’ailleurs initiée par un groupe de citoyens en partie à l’origine d’Altérnatiba SQY et d’Action Non-Violente-COP 21 SQY, ne peut dans ce contexte-ci mobiliser à St Quentin en Yvelines étant donné que c’est toujours les mêmes que l’on voit militer, les habitants, dans leur immense majorité, ont tendance à rester chez eux, en raison de l’absence de culture politique et citoyenne d’envergure à SQY .

Du fait de cette difficulté à mobiliser, dorénavant, les micros ouverts auront lieu une fois par semaine, le mercredi à 18h00, sur le parvis de la Gare de St Quentin en Yvelines. Comme annoncé lors de l’AG du 16 avril, un Nuit Debout La Verrière sera lancé samedi 30 avril 2016 à 16h00 au centre-commerciale Orly-Parc, suivi d’une assemblée générale à 18h00 au même endroit.

Tristan Péribois

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Infos de l'auteur

Tristan Péribois

Dionysien de naissance mais Guyancourtois de cœur, j'ai grandi entre Guyancourt, Montigny et Voisins. Passionné de lecture, d'écriture et de politique, j'ai crée un blog "Elections Guyancourtoises" et participé à la rédaction du journal local "Le Complément". Le Trappy Blog est une nouvelle étape dans mon engagement.