Rencontre avec la ministre des affaires francophones de l’Ontario

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Dans le cadre du programme de mobilité international Récipro’Cités à Toronto qui m’a été proposé par la préfecture des Yvelines via le délégué du gouvernement à Trappes, Monsieur Olivier Vandard, nous avons rencontré le mardi 4 avril Marie-France Lalonde, ministre des affaires francophones de l’Ontario à l’assemblée parlementaire.

Il y a un mois, je suis rentré pour la première fois de ma vie dans un ministère. C’était celui des Outre-mer, à Paris, pour rencontrer Jean-Marc Mormeck. Cette fois, peu de temps après, c’est une seconde occasion, mais au Canada, pour rencontrer une ministre à l’Assemblée législative de l’Ontario, un peu leur Assemblée nationale à eux. Est ce présage d’une future carrière politique ? Franchement, je ne suis pas trop chaud.

C’est donc un jour solennel et “importantissime” de notre séjour à Toronto. Dans “l’équipe des Français”(nous) on s’apprête à rencontrer une équipe championne du monde de Hockey sur glace. J’ai l’impression… Tous les participants ont sorti l’artillerie lourde : talons et tailleur pour les femmes, costume pour les hommes. Moi, j’ai décidé de ne pas passer en mode classe affaire, mais de rester normal avec mon pull et mon jean slim de chez Zara. Je sens que la pression plane sur les épaules de Léonie et Camille de l’association Récipro’Cités organisatrice de la rencontre. Ça doit être réussi, certains sujets doivent être abordés, mais de manière structurée, en respectant le protocole, le statut du ministre et surtout son temps.

Quand je suis rentré au ministère des Outre-mer, en France, c’était comme aujourd’hui au Canada. Pas de différences à ce niveau-là. Police stricte à l’entrée, et présentation traditionnelle de la carte d’identité. L’architecture en France et au Canada n’est pas la même, mais c’est la même recherche d’élégance et de grandeur. À Paris, les bustes d’hommes politiques, que je ne connaissais pas, m’avaient marqué. À Toronto, ce sont des tableaux géants d’hommes politiques qui s’étalent sur les murs. Des hommes politiques que je ne connais toujours pas.

Une différence pourtant, de taille, existe entre le ministère de l’Outre-mer à Paris et l’Assemblée législative à Toronto. Je ne comprenais pas pourquoi il y avait autant de Canadien indien dans le bâtiment. ” Ce sont des députés Sikhs, m’explique-t-on. Ils ont leurs bureaux ici.” Scène magnifique. Les députés Sikhs “sapés comme jamais”, élancés, costume à carreaux ou coloré, longue barbe et turban teinté étaient “de vrais monuments vivants”. Et puis tout cet ensemble semblait vivre en harmonie sans impression de malaise ou de sentiment d’étrangeté dans ce ministère.

Mon objectif n’est pas de faire des comparaisons entre la France et le Canada pour déterminer le pays le plus merveilleux. D’ailleurs Je ne fuirai par la banlieue française pour aller vivre au Canada, opportunités ou pas. J’ai fait le choix d’apporter toute mon énergie pour entreprendre dans le quartier. Tel est la mission dont je me sens investi.

Nous sommes la deuxième cohorte à avoir l’occasion d’échanger avec Madame la Ministre. L’échange dynamique et détendu durera 45 précieuses minutes pendant lesquelles chacun prendra le temps tout d’abord de se présenter en quelques mots à la Ministre. Les participants demandent l’avis de la Ministre sur des sujets qui leur tiennent à cœur, en matière d’immigration, de santé, d’emploi et de l’impact du développement du numérique, mais aussi du racisme présent dans certaines parties du Canada. La Ministre n’esquive pas. Toujours chaleureuse, l’assistance sent qu’elle maîtrise ses sujets : ” tristement, une forme de racisme existe toujours dans certaines provinces du Canada”, concède-t-elle. D’ailleurs, début avril un plan stratégique triennal de l’Ontario a été lancé pour lutter contre le racisme systémique. Elle l’admet : ” ce n’est par normal que dans certaines de nos prisons des minorités visibles soient surreprésentées.” Comme les noirs.

L’ambiance se détend quand Madame Lalonde présente à son tour son parcours inattendu pour une Ministre : ” avant de devenir député, j’ai été entrepreneuse “, rappelle-t-elle fièrement. Travailleuse sociale de formation, elle a été employée dans le domaine de la santé avant de bâtir une maison de retraite, où elle dirigeait une large équipe de 97 personnes. Elle nous sort des arguments qui nous parlent : ” lorsque j’ai créé mon entreprise, une de mes préoccupations principales était d’offrir la possibilité à des jeunes d’obtenir leur premier emploi.

Quand j’ai demandé à Madame la ministre si elle pensait que la révolution numérique pouvait participer à la revitalisation économique des quartiers fragilisés, elle me répondit qu’elle en était persuadé : ” et nous travaillons clairement dans ce sens. Si vous avez des idées, n’hésitez pas je vous écoute ? ” Du coup, dés ce soir, je commence un rapport complet sur la question du numérique dans le quartier et c’est décidé demain, je me lance en politique…

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Infos de l'auteur

Makan Fofana

Habitant du quartier du Bois de l'Etang à La Verrière, ancien étudiant à la Sorbonne Nouvelle en Licence Langue Littérature et civilisation, écrivain à mes heures perdues, amateur de philosophie, de spiritualité et du monde de l'entreprise. A travers ce blog je souhaite favoriser de nouvelles initiatives dans le quartier.