Quartiers populaires : Kézako ?

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Lorsque j’ai intégré l’équipe du Trappyblog, on a bien insisté avec moi sur ce qu’était la thématique principale de cette initiative : les quartiers populaires. On m’a également dit que l’objectif du Trappy Blog était que les jeunes s’y expriment. J’ai donc décidé de prendre au pied de la lettre ces deux commandements en me posant une question de base : Qu’est-ce qu’un quartier « populaire » ? J’ai posé quelques questions sur ce thème à quelques jeunes de ma fac parisienne, bien assise dans un café, mais également par le biais d’un petit sondage que j’ai fait circuler sur les réseaux sociaux. Ces témoignages ont fait ressortir des points communs sur la vision que l’on peut avoir des quartiers populaires (mais également quelques différences) et ont permis un petit débat sur les banlieues et l’image que l’on peut en avoir. Une expérience assez enrichissante pour moi sur les plans social et humain.

J’ai tout d’abord demandé à mes témoins s’ils pensaient vivre dans un quartier populaire. La réponse est « oui » dans quasiment tous les cas. Je leur ai donc ensuite demandé trois mots qu’ils pouvaient associer aux quartiers populaires. La majorité d’entre eux m’a répondu « mixité », « diversité », « quartier vivant ». J’ai également entendu ou lu les mots « jeunes », mouvement », « quartier ouvert », « violence », « pauvreté » ou même « misère sociale », ces derniers provenant plutôt de mes témoins n’habitant pas en région parisienne.

Je leur ai ensuite demandé à quoi l’on pouvait avoir accès selon eux lorsque l’on vit dans un quartier populaire et la réponse est « tout » pour presque tous. D’autres idées sont tout de même ressorties telles que « le bénévolat » ou bien même que « Si on veut des robes orientales africaines tout est dispo et a des prix très intéressants ». La diversité ressort donc encore une fois de cette question. Mes témoins ne m’ont pas fait part de choses auxquelles ont ne pourrait pas avoir accès en habitant un quartier populaire, mais de quelques difficultés quand même pour accéder dans certains cas aux médiathèques ou bien aux universités, un temps de transports étant la plupart du temps nécessaire pour se rendre en fac lorsque l’on vit en banlieue. Nous avons ensuite abordé un thème que les médias aiment à associer la plupart du temps aux banlieues : la sécurité. La plupart d’entre eux m’ont répondu « oui » à la question « Selon vous, peut-on vivre en sécurité dans un quartier populaire ? ». S’en est suivi un petit échange sur la représentation des banlieues par les médias, que tous ont jugée « négative », « déformée », associée à la délinquance, occultant ce qu’il peut y avoir de positif.

J’ai terminé mon petit sondage en abordant les thèmes de l’enseignement et de sa qualité dans les quartiers populaires et en demandant à mes témoins quelle image les autres peuvent avoir de nous lorsque l’on dit que l’on vit en banlieue. Presque tous sont d’accord avec le fait que la qualité d’enseignement est moindre lorsque l’on est scolarisé dans un quartier populaire. On m’a tout de même parfois dit que l’on pouvait rencontrer en banlieue des professeurs passionnés par leur métier. Concernant l’image que les autres peuvent avoir en banlieue, tous sont d’accord : être « banlieusard(e) » ne donne pas obligatoirement une mauvaise image de soi. A la question « Selon vous, a t’on plus de chances de réussir lorsque l’on vit dans un quartier populaire que quelqu’un ayant vécu en dehors ? », presque tous m’ont répondu par la négative, sauf une étudiante de 19 ans dont la réponse m’a marquée et que je trouve tout à fait juste : « ça ne veut rien dire. ». Pour elle, notre réussite ne dépend ainsi pas d’où l’on vient.

Pour clore ce petit échange, j’ai demandé où il pourrait, selon eux, y avoir le plus de quartiers populaires et, à l’unanimité, c’est notre région Ile de France qui remporte la palme. Quant aux régions en comportant le moins, les réponses sont assez partagées : Bretagne, Normandie, Alsace-Lorraine.

Petit bilan de cette expérience : toutes ces réponses reçues font ressortir l’idée de richesse et de diversité que beaucoup disent présentes dans les banlieues, que ce soit dans les possibilités qui y sont offertes ou bien dans l’idée de mixité sociale. Les aspects négatifs des banlieues n’étaient, au contraire, que peu cités. Un miroir inversé par rapport à ce que disent les médias des quartiers populaires, qui, d’après les témoignages reçus, n’en montrent que les aspects négatifs. Il y a de quoi se poser quelques questions.

Katia Nunes

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Infos de l'auteur

Katia Nunès

Versaillaise qui vit maintenant à Guyancourt, amatrice d'arts en tout genre qui aime aussi parler de société, d'éducation et d'inégalités. Curieuse de tout et qui aime apprendre des autres, le Trappy Blog est pour moi un moyen de partager mes expériences et les questions que je peux me poser.