Portrait(s) de Trappes – Sofia

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Série de portraits de Trappes par ses habitants. Ils suivent le principe du portrait chinois, et par leur vécu, leurs souvenirs, les habitants nous livrent différents points de vue sur la ville. Parfois surprenants, joyeux, attristants, amusants, mais souvent touchants, ces points de vue nous montrent une réalité toute en nuances de gris ; et non celle noire ou blanche que l’on s’imagine souvent.

Propos recueillis par Bettina Laigle

Si Trappes était un plat ou une boisson ?

Si c’était une boisson, je dirais un cocktail multi-fruits, multi-alcools, parce qu’il y a tellement de cultures, d’origines différentes, de passés différents, d’ethnies différentes qui se mélangent ici et qui font un cocktail plein de saveurs.

Et si c’était un plat, un plat avec plein d’épices, je ne saurais pas dire quel plat mais hyper épicé, hyper coloré, qui aurait tout simplement une variété juste dingue. Parce que c’est comme ça quand on se balade dans les rues de Trappes, on croise de tout. C’est pas du tout uniforme, y’a toutes les couleurs, toutes les ethnies, toutes les langues. C’est génial, moi j’aime bien.

Si Trappes était une odeur ?

L’odeur d’un matin après une nuit pluvieuse. J’ai toujours connu Trappes sous cet angle-là en fait. Que ce soit en hiver, au printemps, durant l’été ou à l’automne, à chaque fois, (rires), on est dans une région où il pleut beaucoup, on va pas se mentir. C’est vrai que souvent quand on se balade dans les rues de Trappes, c’est ça. Il a plu et on a cette odeur de pluie, du goudron humide ou de la terre mouillée. Au bled, c’est le contraire, c’est l’air très sec, avec des odeurs très chaudes. On a tellement chaud qu’on aimerait juste rester allongé pour ne plus bouger, pour ne plus avoir chaud. Ça a une odeur un peu particulière, sèche. C’est quand on sort qu’il fait hyper chaud. Ou quand on est sur les balcons. Quand on est dans la maison, c’est la fraîcheur qui règne. Ça aussi, c’est agréable en Algérie. Ici en France, c’est moins contraignant en terme de climat. Il pleut, certes, mais on se protège plus facilement contre la pluie ou le froid que contre la chaleur. Contre la chaleur on ne peut pas faire grand chose malheureusement.

L’odeur de terre mouillée, est-ce que tu penses que c’est parce qu’il y a pas mal de friches à Trappes ?

Y a moins de friches maintenant qu’avant. Mais il y a beaucoup de parcs. Et ça c’est plutôt sympa, parce que ça permet à la ville de respirer. Ça change des villes où il n’y a que des maisons. Et les parcs, contrairement à certains parcs dans certaines villes, ils sont un peu laissés à un état naturel. Je trouve qu’ici à Trappes on garde assez bien ce côté naturel. Y’a un bon mélange entre les habitations et les parcs.

Si Trappes était un son ou une musique ?

Pour le son, je dirais quand même le bruit de fond. Y’a un bruit de fond à Trappes que j’ai toujours connu, c’est celui des voitures. Parce qu’on a une Nationale qui est juste à côté. Où qu’on soit dans Trappes, on l’entend. Quand on est dehors, ben y a ce bruit de fond-là, qu’on entend sans l’entendre et au final, on finit par vivre avec. C’est pas un problème, c’est juste qu’il est là.

Si tu ne vivais pas dans cette ville où aimerais-tu habiter ?

J’ai vécu sur Paris pendant quelques mois et j’ai vraiment aimé. C’est vraiment autre chose, c’est vivant, il y a beaucoup de monde. Ce que j’adore, c’est quand on sort dans la rue, y’a toujours du monde. C’est fou ! Les villes qui sont vivantes, que ce soit la journée ou le soir, c’est vrai que ça me fait un peu rêver. Et si j’ai pas la chance de vivre sur Paris, j’aimerais bien vivre dans une ville de proche banlieue. Boulogne ce serait super aussi. Aussi parce que j’ai envie de travailler dans le cinéma ou la télévision. Et effectivement, c’est là où sont présentes un peu toutes les boîtes de ciné et de télé. Honnêtement, sur les quais de Boulogne, on va croiser Canal+, va y avoir TF1, va y avoir France 2, pas très loin il y a D8 et D17 donc oui… En plus, il y a un côté sympa, la Seine, les balades au bord de la Seine. J’adore ça.

Et puis, si c’était à l’étranger, pareil, une grande ville où il y a du mouvement tout le temps, où ça bouge… Londres ou New York ce serait juste le rêve ultime ! (rires)

C’est marrant que tu penses à New York et pas à Los Angeles… Pourtant, Los Angeles au niveau du cinéma…

En fait, Los Angeles aussi. Mais New York, j’ai plus l’impression que c’est vachement métropolitain, avec des immeubles. Y’a pas de place, et comme y’a pas de place, on construit en hauteur, et donc y’a du monde. Et ça m’attire. Ou alors faire un petit tour aussi pendant les vacances en Corée… En Corée du Sud, hein, bien entendu ! Ou au Japon, ce serait génial ! Ce serait trop bien ! Pareil, c’est des villes, c’est juste sublime…

Tu dis de Paris « une ville qui vit la nuit ». Et Trappes, ça vit pas la nuit ?

Non, ça ne vit pas la nuit ! (rires) On va pas se mentir, honnêtement, y’a pas vraiment de resto. Ici, je crois que vraiment les restos, on peut en compter trois. Et encore, c’est des restaurants qui sont en périphérie. Là je parle de resto à proprement parler, où on peut s’asseoir, manger, vraiment. Après y a quelques grecs. Mais honnêtement, passé 22h, tout est fermé. Y’a plus rien. Y’a pas vraiment de populations dans les rues, tout le monde rentre chez soi pour se reposer.

Tu penses que les gens auraient de quoi se payer un resto ?

Oui bien sûr ! Après, je ne dirais pas tout le monde. Mais y a des restos qui sont pas très chers et qui sont très bons. C’est un peu dommage de devoir changer de ville pour profiter d’un bon resto. Ça, ça manque peut-être sur Trappes… D’ailleurs, il suffit de voir comment les gens ont fait la fête quand un Mac do a ouvert à Trappes, quoi ! C’était la nouvelle attraction du siècle ! Tout le monde en parlait, c’était sur toutes les lèvres, c’était rigolo ! C’est pas extraordinaire, mais c’est un Mac do quoi ! Une grande chaîne qui s’installe à Trappes… C’était quelque chose ! Même si c’est en périphérie, au bord de la route et tout… Tout le monde était super content. Je me souviens des jeunes qui venaient à la médiathèque « J’ai mangé Mac do ce midi, c’était trop bien !!! » Ils étaient tout contents. Alors qu’ils connaissent le Mac do, ils savent bien ce que c’est ! Mais là le plaisir, c’était d’y aller à pied, dans sa ville, et de se faire plaisir juste à côté de chez soi, tout simplement. C’était des collégiens, lycéens, et ils étaient super heureux… Il en faut pas beaucoup au final !

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Infos de l'auteur

Bettina Laigle

Babtou rousse ayant grandi à Trappes, j'aime les vieux livres, l'art, le théâtre, la danse, le cinéma. Côté étude : diplômée en reliure-dorure à l’École Estienne, je suis actuellement en licence de Préservation des Biens Culturels à Paris 1. Je m'intéresse beaucoup aux questions de culture, de transmission, d'environnement, d'histoire dans les sociétés. J'aime apprendre des autres de nouvelles choses.