Au pays des Hommes intègres

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Nous, jeunes issus des différents quartiers de Trappes, aurions-nous cru, un jour, pouvoir nous rendre dans un autre continent, loin de nos habitudes et notre confort, près d’une culture différente de celle que nous vivons au quotidien, aurions-nous penser pouvoir aimer un pays autre que le notre de cette façon, aurions-nous envisager de ne plus s’en défaire ? Nous, petits groupes de jeunes trappistes et des environs souhaitons vous faire partager ce que nous vivons.

« Le début d’une histoire… »

NOVEMBRE 2012, 15 jeunes ont eu le privilège de participer à un voyage solidaire au pays des hommes intègres : le Burkina Faso. Ces jeunes ont été sélectionnés grâce à leurs motivations, ayant été écrites et transmises à la Ligue de l’Enseignement, chargée de l’organisation de ce voyage. Ces jeunes, tous issus de Trappes, ont eu la chance de pouvoir se rendre au Burkina Faso pendant 2 semaines, lors des vacances scolaires de la Toussaint en 2012. Ils ont pu se préparer à ce voyage pendant plusieurs mois en amont par la collecte de matériel, de financements, de fournitures scolaires, de vêtements etc. Aucun ne se connaissait et pourtant, nous étions tous issus de Trappes, c’est ce qui a sans doute, rendu notre voyage si intense. Nous avons décoller le 21 octobre, en route pour le Burkina !

Ce fut alors le début d’une histoire. Nous avons pu découvrir la capitale, Ouagadougou et ses provinces, notamment Songpelsé où nous étions accueillis dans un campement pendant toute la durée de notre séjour, mais également le sud-est à Bobo-Dioulasso, Banfora. Qu’avons-nous fait ? Nous étions en immersion et avons pu contribuer avec nos petites mains en commençant par la plantation d’arbres fruitiers dans le jardin de l’école du village où nous étions logés. Nous avons pu aider à la préparation des repas de l’école avec des femmes du village, participer à des activités ludiques avec les enfants, mettre en place une chaîne de chèvres (on les avait récupérées et on avait dû les mettre sur le toit de notre petit bus pour les transporter, les pauvres..), puis amener des fournitures scolaires, jeux de société etc.. Notre quotidien fut également alimenter par la réalisation des tâches quotidiennes du campement avec la préparation des repas, faire notre lessive (et oui maman n’était pas là)..

« NOUS »

Ce voyage est certainement celui qui nous a permis de dépasser des à priori, d’apprendre de l’autre, du peuple burkinabè, mais également d’apprendre à connaître une partie de soi-même. Il nous a tous changés et pourtant, nous ne sommes restés que peu de temps, mais ce temps fut suffisant pour nous remettre tous en question. L’échange et le partage ont été les éléments fondamentaux de ce voyage. Nous avons, incontestablement, davantage reçu du peuple burkinabé. Nous avons reçu de la chaleur, de la sympathie, des sourires, de la générosité.. Nous avons vu, été accueillis, été bouleversés, avons appris .. Nous avons compris. Merci au Burkina Faso de nous avoir donnés la chance d’être ce que nous sommes actuellement et merci à eux, car ce « Nous », qui se répète, est bien aujourd’hui encore existant.

Pour résumé ce voyage en un mot : EPSA.

« Education, partage, santé pour l’avenir au Burkina Faso »

À notre retour, en novembre 2012, bouleversés comme jamais, nous nous sommes tous revus pour une restitution auprès des familles de chaque jeune et nous avons convoqué d’autres réunions. Ces réunions avaient pour l’objet la création d’une association : EPSA.

Janvier 2013, c’est l’officialisation, EPSA est née ! EPSA s’occupe essentiellement de mener des actions au sein du Bukina Faso faisant promouvoir les objectifs du millénaire pour le développement, de l’ONU. Elle veut, dans un premier temps, comme grandes lignes directrices, un suivi des actions qui avaient été menées lors du voyage solidaire de novembre 2012. Ensuite, étendre son champ d’action à d’autres villages au Burkina Faso. EPSA connaît son petit succès au sein de la ville, en effet, elle est l’association la plus jeune, en terme d’âges, à Trappes. Elle est donc soutenue par la ville qui fait appel à elle lors de diverses manifestations afin de tenir des buvettes notamment. Elle s’est également associée à d’autres associations de la ville comme l’équipe Déclic Théâtre, réputée pour leurs matchs d’impros, pour y tenir aussi des petits stands de nourritures et de boissons. Ainsi, l’association est intéressante et dynamique car les jeunes trappistes peuvent s’exprimer et leurs paroles se font entendre sur des projets innovants à l’étranger.

« AMBITION »

L’association des jeunes trappistes possède des idées innovantes, mais il faut ajouter qu’elle est soutenue par son partenaire principal burkinabè, qui est l’AGCEG (l’association des guides du campement de Gandefabou). Ce partenaire lui permet d’avoir un pied directement sur le terrain. Ce partenariat est un privilège permettant à EPSA d’associer ses idées en fonction des demandes qui se font directement sur le terrain, ses idées étant relayées par le biais de l’AGCEG.

Par ailleurs, EPSA a été à l’origine d’un projet de solidarité d’une durée de trois ans : un chantier solidaire à Lablango. Ce chantier a débuté durant l’été 2014 et s’achèvera en août 2016. Ce chantier permet à d’autres jeunes, soit une dizaine, en plus des membres de l’association qui se rendent à ce chantier par tranche de cinq personnes, de participer à un chantier solidaire afin de réaménager l’école du village de Lablango par la construction d’une nouvelle salle de classe. Les enfants étant très nombreux, beaucoup ne peuvent suivre leur scolarité de façon continue. Ils connaissent donc des coupures d’un an avant de se rendre dans la classe supérieure. La construction d’une nouvelle salle de classe permet alors de réintégrer davantage d’enfants à l’école, encourageant alors la scolarisation (été 2014). Tout comme la construction d’une nouvelle cuisine pour faciliter la préparation des repas des enfants de l’école dans une pièce plus spacieuse, aérée et plus solide, les deux précédentes s’étant effondrées (été 2015). Enfin, la construction d’une salle d’alphabétisation et de documentation qui sera accessible aux enfants, mais aussi aux adultes qui n’ont pas tous les facultés de lecture et d’écriture, permettant de lutter contre l’analphabétisation.

D’autres projets naissants feront l’objet des futurs chantiers solidaires et seront liées à la condition des femmes, un point sensible que nous souhaitons développer, mais aussi des projets autour de l’écologie, tout particulièrement les énergies à base de ressources naturelles.

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Infos de l'auteur

Oceane Viranin-Houpiarpanin

Étudiante en sciences politiques à Nanterre, faisant partie des membres fondateurs de l'association de jeunes trappistes EPSA et pratiquant de la danse au sein de l'association trappiste Afroswing, je suis une personne dynamique et curieuse voulant faire partager sa vision du monde, ses opinions, son expérience.