Mon parcours du lycée de Trappes à l’internat de Conflans‐Sainte‐Honorine (1−2)

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Aujourd’hui, j’ai eu du mal, comme les autres jours. Je ne sais pas ce que je vais faire. Je ne sais pas quelle décision est bonne, mauvaise, je suis perdue. Je sais rien, je ne sais même pas si au final, l’internat dans ce lycée de Conflans Saint Honorine était une bonne décision. J’ai l’impression que, même si je travaille, je ne vais pas réussir, les notes seront toujours aussi basses, toujours aussi nulles, toujours aussi merdiques. Oui je suis loin d’être motivée…

L’année dernière, j’étais en 1 ère ES au lycée de La Plaine de Neauphle, à Trappes. Je ne remarquais pas vraiment que mon niveau scolaire était aussi bas. Enfin, je savais que j’avais des difficultés, du retard, mais j’ignorais que c’était aussi conséquent. Mon retard s’explique par de multiples choses. Mes parents ont fait de très courtes études, tous les deux n’aimaient pas vraiment l’école, tous les deux ont opté pour un CAP. Dès le départ de ma scolarité, mes parents ni prêtaient aucune importance, aucune implication. Mon père m’aidait très peu dans mes devoirs, d’une part parce que mes parents se sont séparés lorsque j’avais 6 ans, et d’autre part parce que la distance qu’il y avait entre lui, vivant dans le 41 (Loir‐et‐Cher) et moi dans le 78, ne pouvait pas lui permettre de m’aider. Cela dit, quand je voyais mon père lors des petites vacances et que je faisais mes devoirs, il répondait toujours à mes questions, il était toujours là pour m’aider. Dans mes souvenirs, j’ai l’image de mon père comme un homme intelligent, qui avait réponse à tout. Du côté de ma mère, je n’avais aucune aide. Elle estimait que j’étais suffisamment autonome. Du coup, quand je rentrais de l’école, rares étaient les fois où je faisais mes devoirs. Jamais je ne me faisais crier dessus parce que j’avais obtenu une mauvaise note ou que je recevais un mot pour devoir non‐fait.

On peut dire que, lorsque j’étais en primaire, j’avais la belle vie, je rentrais chez moi, balançais mon sac puis si la télé était disponible, je regardais les dessins animés, ou je jouais à ma DS. A cette époque je n’ai jamais travaillé hormis lorsque j’étais en CM2, juste parce que mon maître me faisait peur. Tous, on le craignait. D’ailleurs, c’est sûrement, ce qui m’a sauvé et permis d’aller au collège, en 6ème générale puisque j’étais destinée dès la CM1 à intégrer une classe SEGPA. J’ai su que je devais aller en SEGPA puisque mon maître en CM1 a très clairement dit qu’il fallait qu’on pense toutes les deux déjà à ce que je voulais faire puisque j’irai sûrement en SEGPA. Bon, finalement je me suis rattrapée en CM2 et j’ai réussi à aller en 6 ème générale. Mais, ce n’est pas pour autant que je n’avais pas des difficultés. Mais, arrivée au collège, ce cercle vicieux de ne pas faire mes devoirs est revenu. En 6ème j’ai très peu travaillé, un peu en début d’année parce que je me disais “trop coool, je suis une grande maintenant, je suis au collège !”, puis plus rien après le deuxième trimestre.

J’ai fait toute ma scolarité au collège Youri Gagarine à Trappes, qui est aujourd’hui classé en Rep+, hormis en 4ème quand j’ai dû terminer ma scolarité chez mon père parce que ma mère devait s’absenter pour une durée indéterminée. En 3ème, je ne sais pas si c’est parce que je savais qu’il y avait le brevet, mais j’ai commencé pour la première de ma scolarité à travailler petit à petit. Puis, j’ai obtenu mon brevet avec la mention bien. On m’a toujours dit que le “brevet c’est de l’eau” mais moi je m’en foutais, j’étais fière de moi. Arrivée en Seconde générale, j’ai continué de travailler. Ce qui m’a permis d’être acceptée en première ES.

Pendant ma Seconde, on avait des soucis à la maison. C’est la raison pour laquelle la CPE et l’assistante sociale du lycée, avaient proposé à Julie, ma sœur jumelle, et moi l’internat pour que nous puissions travailler dans de bonnes conditions. Mais, on a refusé parce que notre mère ne se voyait pas de vivre sans ses enfants. Arrivée en première ES, j’étais dans l’optique de travailler et de briller dans toutes les matières. Sauf que mes anciens démons, mes mauvaises habitudes, ont refait surface “Coucou Clara, on revient, tu nous avais manqué” . Je n’avais aucune motivation et je remettais tout à demain. J’étais présente en cour, je faisais une promenade, puis je rentrais chez moi pour dormir et me réveiller vers 23h00 pour manger et me rendormais après. J’avais un rythme de vie catastrophique. Ma mère elle, était chez Viviane alias Vivi, sa meilleure amie. Puis, à cette période, il y avait beaucoup de problèmes à la maison, entre les problèmes d’argent, les problèmes psychologiques de ma mère et j’en passe. Alors, peut‐être qu’indirectement ces problèmes me décourageaient de travailler. Malgré tout, j’allais en cours par plaisir, je mangeais à la cantine alors que j’habite à 10 min du lycée (d’ailleurs cette cantine c’est une pépite, la meilleure des cantines !). En fait, je mangeais à la cantine car d’une part elle est super BONNE et d’autre part, économiquement parlant, ça nous revenait moins cher.

Un jour, j’ai eu un petit problème familial. C’était une période compliquée pour toute la famille psychologiquement. Puis, les problèmes sont remontés aux oreilles de certains professeurs. Sans rentrer dans les détails (laissons un peu de mystère) à partir de ce moment‐là nombreux sont les professeurs et les surveillants qui m’ont apporté un soutien. Une fois, il y a même la proviseure du lycée qui avait appelé ma mère, pour lui dire qu’elle était désolée de tout ce qui se passait. Les deux personnes qui m’ont plus que aidé, sont M. Rolland, mon prof d’histoire-géo, et Mme Semailles ma prof de physique chimie. Tous les deux ont compris que j’avais besoin d’aide et que ma scolarité était en jeu. Avec Mme Semailles, on ne se voyait pas souvent parce que nos emplois du temps étaient différents, mais on discutait le jeudi une semaine sur deux de 11h à 12h. J’adorais parler avec elle, elle me comprenait et savait me guider dans ma scolarité, et même dans ma vie en dehors des cours. Je pouvais toujours compter sur elle quand j’avais des problèmes. Puis, j’ai l’impression qu’avec Mme. Semailles on se comprend, c’est une personne que je n’oublierai jamais. M. Rolland, m’a aussi beaucoup aidé. Il me proposait d’aller voir un psy. Il a fait des recherches. Mais surtout, il a fait des démarches pour trouver une solution afin que je puisse travailler correctement.

C’est alors, qu’un mercredi, on a eu un rendez‐vous avec l’assistante sociale du lycée. C’est là qu’elle nous a parlé de l’internat. Elle nous a bien fait comprendre qu’il y avait peu de chances pour que je puisse y être acceptée. L’internat prenait en priorité les secondes. Or j’allais entrer en terminale. Malgré tout, on a quand même monté un dossier. J’avais peu d’espoir, tout comme l’assistante sociale. Au final, seulement M. Rolland y croyait, restait positif. C’est dans son caractère d’être toujours optimiste. Mme. Semailles a participé à mon dossier d’internat, elle avait écrit une lettre de recommandation pour que je puisse avoir une chance d’y être acceptée et n’hésitait pas d’aller demander du soutien à ses collègues qui m’avait déjà eue comme élève. Mme Nollet, ma professeure de français de première avait elle aussi écrit une lettre de recommandation. Elle ne le sait sans doute pas, mais c’est une professeure que j’admire (mais ça reste secret).

Un mercredi de fin juin, j’étais sur mon lit quand je reçois un appel de l’assistante sociale, m’annonçant que j’étais acceptée à l’internat Simone Weil à Conflans sainte Honorine. Je me suis empressée d’annoncer la bonne nouvelle à mes professeurs qui étaient au courant. Ils étaient vraiment contents pour moi. De quoi terminer l’année de première sur une bonne note !

Clara Roy

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