Matthieu Bidan, un journaliste de Street

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Lundi 27 mars, les blogueurs du Trappy Blog ont reçu la visite de Matthieu Bidan, journaliste chez StreetPress. C’est décontracté et souriant que ce jeune journaliste est revenu sur son parcours pour nous.

Ce lundi 27 mars, l’air est chaud et le soleil brille dehors. Il est 18h30 quand les premiers blogueurs arrivent dans la salle de la Maison des Familles à Trappes. C’est la première Trappy School du printemps et Matthieu Bidan est le premier à venir se frotter aux blogueurs, tous souriants et détendus.

« J’étais nul au foot et du coup je voulais être journaliste sportif. » C’est comme ça qu’il explique cette attirance pour le journalisme qu’il dit avoir depuis tout petit. Né en 1992, Matthieu passe sa jeunesse à Elancourt dans les Yvelines. Après le bac, il se dirige vers des études d’histoire à la fac de SQY avec une spécialité « journalisme et monde contemporain ». Il voit, en parallèle de sa troisième année, l’occasion de rentrer dans le monde de la presse via la formation StreetSchool dispensée par StreetPress.

Après avoir obtenu sa licence, il passe les concours pour plusieurs écoles de journalisme et réussit à intégrer l’Institut Français de la Presse (IFP) dans lequel il se spécialise dans la télévision et la radio. A la fin de ses deux années au sein de l’école, il ne tente pas les concours pour rentrer dans le monde des gros médias car « c’est un petit peu long. » En effet, « tu gagnes un stage, ensuite un CDD (Contrat à Durée Déterminée), peut-être tu auras des piges et ensuite peut être que t’auras un contrat. » Pour lui rentrer, « bosser dans les médias, c’est un peu le parcours du combattant. » Ce parcours du combattant, il l’effectue d’abord lors de stages au Monde, à Radio Vieille-Eglise, en Vallée de Chevreuse, ou encore à TvFil78, la télé locale de l’agglo de Saint-Quentin-en-Yvelines. Il intègre ensuite StreetPress, avec qui il était resté en contact et grâce à qui il s’était amélioré, en Service Civique ce qui lui « permettait d’avoir une relative stabilité et à côté de faire des piges ».

A StreetPress, il n’y a que « des articles made in StreetPress. On ne va pas refaire un article. » Ce qui signifie qu’on n’y fait pas d’articles réchauffés à partir de la reprise d’une info AFP, ou bien à partir d’un sujet déjà traité par un autre média « sauf si c’est sorti sur un blog un peu obscur. Ou bien on va le faire différemment. » Ce qu’il apprécie par-dessus tout, c’est que les rédacteurs en chef « nous laissent le temps de faire les articles. » Son mini-documentaire sur les backers du rap français, ces artistes qui chantent derrière les rappeurs dans les concerts, cherche à faire découvrir au public ces essentielles figures de l’ombre. Ce documentaire, il a mis un mois et demi à le boucler, à son rythme, et au rythme des disponibilités de ses interlocuteurs.

L’année dernière, Matthieu s’occupait « des questions liées à la banlieue, au rap et à la communauté musulmane », sujets qu’il aimait traiter mais tellement larges qu’il ne pouvait les traiter vraiment. Cette année, c’est dans un tout autre domaine qu’il évolue, celui de la vidéo, « cela veut dire que tu vas faire des reportages, des mini-documentaires ». C’est désormais un vrai touche à tout.

Au final, le jeune journaliste confesse volontiers que le salaire n’est pas très élevé mais que la motivation est au top. Actuellement en CDI, Matthieu ne se sent pas proches des discours pessimistes des journalistes qui racontent que « c’est dur, c’est galère, vous n’allez pas y arriver, le chômage, la précarité… ». Pour lui, la difficulté réside dans le fait de se constituer un réseau, de faire du relationnel : « il faut passer la barrière pour appeler quelqu’un et lui poser des questions. Mais les gens sont plutôt disposés à ça. »

Sa méthode pour écrire de meilleurs articles ? Le jeune a des accents de vieux de la vieille : « lire beaucoup, beaucoup, beaucoup » conseille fortement Matthieu. Ca permet de s’ouvrir l’esprit, de trouver une multitude d’influences qui parlent, mais aussi faire des ponts entre différents savoirs ou techniques journalistiques. C’est dans ces moments qu’on aperçoit que sous ses airs de D’jeune’s cool, Matthieu est un bosseur.

Autre conseil du jeune déjà expérimenté ? Se constituer un réseau. Toujours : « prendre le plus de 06 possible, car tous les contacts peuvent être utiles lors de l’écriture d’un papier. Et puis parfois nous sous-estimons l’intérêt des personnes qu’on connaît. Pourtant ça peut faire pleins de super sujets », et notamment en matière de culture urbaine, dans ce qu’elle peut avoir d’inattendu ou d’insolite.

« L’objectif de StreetPress, c’est de faire découvrir des choses à des gens qui ne connaissent pas. » Tâche difficile pour le journaliste que de faire comprendre son sujet à la fois aux novices et aux initiés. Comment faire ? L’important pour bien traiter un sujet selon lui, c’est bien plus la qualité du regard, l’originalité de l’approche, que le fait d’être issu de banlieue : « quelqu’un qui n’est pas de banlieue peut écrire un papier incroyable, sans en avoir les codes. »

Reste le travail, et la préparation des sujets en amont : « Dans tous les cas, tu dois avoir une certaine compréhension du sujet que tu traites. » Sur des territoires où les journalistes sont loin d’être fort appréciés, Matthieu Bidan a aussi pleinement conscience du « respect de la parole que t’ont donnée les gens et le respect que tu dois avoir pour eux et pour leur monde. » Pas facile quand on parle sur les banlieue. Mais c’est ce principe exigeant qu’il met au cœur de la définition de son travail de jeune journaliste.

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Infos de l'auteur

Guillaume Rubio

Lycéen de 17 ans au lycée Emilie de Breteuil, je m'intéresse particulièrement à l'Histoire. Passionné de voyages, j'adore découvrir de nouveaux pays et de nouvelles cultures ! J'ai vu, dans le Trappy Blog, l'occasion de faire entendre ma voix de lycéen au sujet des banlieues !