Le coup de trop

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2004 et 14 ans, le « coup de trop ».

Cela fait déjà 5 ans que je vois le juge pour enfants au tribunal de grande instance de Versailles pour mon placement à l’ASE (l’Aide Social à l’Enfance). Mais ce jour-là c’est différent. Le motif : Recel d’objet volé. Mon juge, je l’aimais bien. Il en imposait dans son bureau, et tout le monde se taisait quand il parlait. Il avait une dégaine et une aura qui me faisaient penser à l’empereur dans Star Wars. Mais quand je l’ouvrais pour dire ce que je pensais, je sentais une réelle écoute, ce qui pour moi à l’époque était rare. C’était le chef des chefs, celui qui décidait où j’allai encore finir. A l’époque, avec ma grande bouche et l’insolence typique de ceux qui pensent être plus malins que les autres, je pouvais me vanter de pouvoir tenir tête à n’importe quel adulte, juge d’instruction compris. Mais ce jour-là je n’en menais pas large, d’autant que je m’étais fait avoir bêtement et pour presque rien.

Bon, des « amis » avaient cambriolé un foyer ou nous étions passés, et que l’on n’a pas aimé, et j’ai un peu aidé à écouler pour à peu près 4000€ de matériel informatique. Bref dans ma tête ce n’était presque rien dans le sens où je n’avais fait que revendre ce que, à l’époque, tout le monde s’arrachait (vous savez, pour les plus anciens, les Mac où la tour était intégrée à l’écran, ça se revendait 400 balles pièce, et j’en avais une dizaine, formaté et prêt à l’emploi). Le plus stupide dans l’histoire c’est que malin comme on était, on en a caché sous nos lits au foyer, et un jour qu’on était en vacances, la maîtresse de maison a dû se demander d’où cela pouvait bien venir…

Passer les coups de pression et les humiliation sen règles (de mes amis, des éducateurs et des policiers) retour au bureau du juge ou cette fois-ci c’était sûr, sois CER (Centre d’Education Renforcé ; on n’a pas envie d’y aller) sois prison pour mineur. Ayant déjà quelques amis là-bas, la perspective ne m’effrayait pas tant que ça. Et ça, le juge l’avait bien compris. Il avait compris aussi que je n’avais fait que suivre bêtement le mouvement, et que dans l’histoire je n’avais aucune motivation (rien ne me motivait, même l’argent, si je voulais un truc je le volais alors…). Aussi comme c’est de rigueur pour ce genre de délit, et pour cette tranche d’âge, puis comme c’était la première fois que j’étais pris la main dans le sac, le juge me condamna à 3 mois de travaux d’intérêt général. Après quelques entretiens avec ma contrôleuse judiciaire (que je trouvais charmante pour rester poli) il fut décidé que je travaillerais dans un des secours populaires de l’agglomération de St Quentin en Yvelines.… La suite de mes aventures associatives au prochain numéro !

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Infos de l'auteur

Kevin Edmond

Salut à tous. Kevin dit Mougli, de Magny les Hameaux mais trainant sur tout St Quentin, passionné de débats sur tout et rien avec n’importe qui et n’ importe où ! Je suis chargé de projet à l’association Umagnyterre où j’organise principalement des missions humanitaire à Haïti et Madagascar..