La galère des transports pour aller aux Urgences

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« Tu peux m’emmener aux urgences de Créteil ? » Ca c’est ma pote Daniela. En temps normal, elle se débrouille avec son scooter et les transports en commun. Sauf quand les routes sont impraticables avec son noble destrier. Celui-ci ne peut pas prendre les voies rapides. Quant au réseau francilien, il est peu fiable. Les changements et l’attente entre chacun d’entre eux peuvent vite devenir un cauchemar. Heureusement, dans ces cas-là, on peut compter sur la solidarité. Il y a toujours une personne pour rendre service. Le tout c’est de trouver celle qui n’est pas au boulot.

Là c’est samedi matin et Daniela vient de contacter la moitié de son répertoire sans succès. Beaucoup de ses amis travaillent dans le commerce et ne sont pas disponibles le week-end. Au téléphone, sa jovialité habituelle à fait place à l’anxiété. Daniela c’est un petit bout de femme à la trentaine assaisonnée. En soirée, elle met l’ambiance avec ses blagues grivoises et son rire franc. Le contraste est donc frappant quand elle m’appelle. Trente minutes après je suis garée devant chez elle.

Daniela s’assoit sans trop se coller au siège. Son corps la brûle. Sa peau laiteuse est devenue rouge vive et est recouverte de petits boutons. « Je suis parée pour Halloween, pas besoin de costume cette année » me dit-elle en guise de salutations. Finalement, son problème dermatologique n’a pas entamé sa bonne humeur. Elle est soulagée que je puisse l’emmener. Sans ma voiture, se rendre à Créteil se serait transformé en périple aux mille et un rebondissements. Et si elle n’avait pas pu aller aux urgences, qui sait comment aurait évolué son problème ?

Dans le quartier, aider ses amis de cette manière est monnaie courante. Beaucoup n’ont pas le permis ou ont le permis mais pas la voiture qui va avec. Je me suis vu le lendemain de Nöel aller chercher une amie à 6h du matin à Maurepas (78) pour la dépanner ou aller chercher mon beau-frère à minuit aux Essarts (78) parce qu’il avait loupé le dernier train. Le réseau de bus s’améliore mais à certains horaires ils passent sporadiquement. Pareil pour les trains et c’est encore pire depuis le début des travaux pour le Grand Paris. Au passage, je ne pense pas que ce projet puisse changer quelque chose pour nous. Il semble que seule la petite couronne pourrait en profiter.

En attendant, on se débrouille. Nous voilà donc parties pour Créteil en voiture. Le GPS annonce quarante-trois minutes.

« C’est gentil de m’accompagner. Je me voyais mal prendre le train dans cet état. Et puis j’ai regardé sur Internet j’en avais pour plus d’une heure trente en transport. Je devais aller à Montparnasse, puis prendre le métro 6 et le métro 8. Et ça c’est le chemin le plus rapide ! Je te raconte pas la galère. Hier, j’ai passé ma soirée aux urgences de Trappes (à 10 minutes en voiture). C’est ma coloc Nathalie qui m’a déposée mais elle ne pouvait pas rester avec moi. Et Bart est venu me récupérer à une heure du matin, explique-t-elle en se grattant les bras.

-C’est quoi ces plaques ? Une réaction allergique ?

- Apparemment. J’ai commencé à avoir des plaques mardi sur le corps. Je suis allée chez l’allergologue qui m’a dit que j’étais allergique aux acariens et au ciment.

-Au ciment ?

-C’est possible il y a des travaux en face de chez moi. Les plaques ont commencé à se propager sur le cou et le visage. Du coup, direction les urgences de Trappes où ils m’ont mise sous perfusion pendant deux heures. J’ai eu deux doses de cheval et une crème à la cortisone.

-Et eux, ils pensent que t’as quoi ?

-Ils ne savent pas. Ils m’ont donc fait un papier pour que l’hôpital de Créteil me prenne en charge. »

L’A86 bouche. Le trajet va être plus long que prévu. Je jette un coup d’œil à Daniela qui se regarde dans le miroir du pare-soleil : « Mes lèvres commencent à être attaquées ». Heureusement, le trafic reprend. Et en un rien de temps, nous voilà garées dans le parking de l’hôpital. Direction les urgences dermatologiques au cinquième étage. Les portes de l’ascenseur s’ouvrent sur un couloir désert. La machine qui délivre les tickets est en panne. On arrive dans la salle d’attente où une dizaine de personnes attendent. Une dame nous explique gentiment l’ordre de passage : « On passe par ordre d’arrivée, il n’y a pas de secrétariat. »

Au bout de trois heures, Daniela est prise en charge. Un médecin sort de la salle et revient avec une collègue. Ce n’est pas bon signe. Elle va être hospitalisée. Étrange. Au loin sa voix paraît toujours enjouée. Elle ressort soulagée.

« Bon bah … j’ai fait une réaction aux shiitakes.- Des champignons asiatiques qui sont souvent vendus sous forme déshydratée.- J’en ai mangé au travail lundi et mardi. J’ai bien fait rire le docteur quand je lui ai dit que je travaillais dans le bio ! Elle a compris tout de suite ce que j’avais. »

Le retour en voiture est plus compliqué. Nous sommes en heure de pointe et les routes sont complétement bouchées. Le GPS me fait passer par les petites routes de campagne. Quand c’est comme ça, j’ai l’impression d’habiter en zone rurale et non pas en région parisienne. Au final, il nous a fallu 1h30 pour rentrer !

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Infos de l'auteur

Cindy Massoteau

Salut à tous, moi c’est Cindy, « Dyce » ou « le soleil de la marmite » pour les intimes. Et oui, je suis chroniqueuse à Marmite.FM. J’adore le théâtre et le ciné, j’ai d’ailleurs un blog relatant ces passions : CSTV.fr. Côté étude, j’ai un master d’histoire et une licence d’anglais.