De retour à l’école lundi sans être partie en vacances

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La rentrée scolaire, pour beaucoup c’est lundi après deux mois de vacances. Pour d’autres c’est la fin d’une période sans école passée uniquement dans le quartier.

Là c’est un peu comme si je n’avais pas eu la coupure donc oui ça fout un peu les boules. Tu as envie de te libérer un peu l’esprit mais tu ne vas pas pouvoir Emma (le prénom a été modifié), 16 ans, raconte son regret de ne pas avoir eu l’occasion de quitter Trappes pendant les grandes vacances. “J’ai pas eu l’impression de relâcher la pression” constate‐t‐elle, après une année de première S pendant laquelle elle a dû se préparer aux épreuves anticipées du bac. Chez elle, pas facile de partir en vacances alors que les revenus du foyer sont réduits. La mère d’Emma souffre de nombreuses maladies, une chronique comme fibromyalgie mais aussi un glaucome, une hernie discale et une sciatique, qui l’empêchent de travailler, ce qui affecte beaucoup ses revenus. De plus, elle ne vit plus avec le père d4emma depuis ses 7 ans. Du coup “ faut faire attention à l’argent, et ça on l’a dans la tête tout le temps qu’il faut faire attention. Parce que ça part vite, parce qu’il faut faire passer les priorités en premier” constate la jeune Trappiste.

Pendant ses grandes vacances, Emma a eu la visite de son grand frère, de sa grande sœur ainsi que ses petits cousins et cousines, ce qui a rendu la période un peu moins morose. Elle a seulement eu l’occasion de rendre visite à sa grande sœur vivant dans l’Eure-et-Loire. Mais elle ne considère pas cela comme des vacances : ” je n’y vais pas dans le but de prendre des vacances. Je vais la voir même en période scolaire”.

Pendant cette période, certains jeunes trappistes partent se ressourcer en province pour ceux dont les parents sont originaires de France ou bien dans le pays natal de leurs parents à l’étranger. Emma a des parents d’origine libanaise. Toutefois, sa famille n’a jamais vécu au Liban : “ Les membres de ma famille sont nés au Sénégal“, à Dakar. La grande sœur, d’Emma âgée d’une trentaine d’années, a souhaité quitter son pays natal en 2000 pour poursuivre ses études en France. “Ma mère l’a suivie” affirme‐t‐elle de manière naturelle. Le père et le grand frère l’ont suivie à leur tour un mois plus tard. Mais quelques années après la naissance d’Emma en France, le père et le grand frère ont décidé de repartir vivre au Sénégal.

Emma n’éprouve pas le besoin de partir en vacances au Sénégal : « Ce n’est pas un pays qui m’attire ». Quant à l’idée de partir en vacances au Liban, l’idée lui semble même farfelue « rien ne me rattache au Liban ». Elle explique qu’elle ne se sent pas en manque de racines : “Je n’ai pas d’attache pour le Liban, et pas non plus pour le Sénégal”. Elle poursuit : “J’étais attachée au Sénégal parce que mon frère habitait là‐bas”. Néanmoins, depuis quelques mois, il a décidé de revivre en France pour pouvoir être au côté de sa mère et de ses sœurs. Emma n’est jamais allée au Sénégal. Elle n’en a que l’image qu’on lui en a donné, ou qu’elle a vu dans les médias : “Le Sénégal c’est très peu pour moi” proteste Emma, “là‐bas il n‘y a pas d’avenir, il y a trop de pollution, l’aspect esthétique du pays ne me plait pas du tout, le climat du pays ne me plait pas”.

A quelques jours de la rentrée, elle se concentre sur l’année scolaire qui vient et la préparation de son bac S : “Mes ambitions dans la vie c’est de relever la famille parce qu’on n’a pas des moyens énormes, donc ça serait pas mal de trouver un bon métier à la fois qui me plaise et qui rapporte de l’argent. J’ai pas envie d’être richissime mais juste avoir bien suffisamment les moyens” ambitionne Emma, et elle poursuit “ça me permettra aussi de prendre des vacances pour décompresser”.

Julie Roy

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