Une “caravane insoumise” à Trappes

0

Une des 8 « Caravanes insoumises » du parti de Jean Luc Mélenchon était présente le 21 Avril à Trappes, dernier quartier prévu en Ile de France.

17 heures, ce vendredi 21 Avril, à Trappes, place des Merisiers. Au soleil, trois femmes, les cheveux ceints de voiles colorés, discutent calmement, assises sur un banc. De l’autre côté d’une petite rue, une camionnette Mercedes blanche un peu défraîchie est bardée d’affiches à l’effigie de Jean Luc Mélenchon. Ces femmes ne s’approcheront pas de l’une des 8 « caravanes insoumises » qui ont sillonné la France ce mois-ci pour appuyer sa campagne en se rendant dans les quartiers populaires.

Pour ce faire, quelques militants tiennent un stand sur lequel sont posés bouteilles de jus de fruit et petits gâteaux. Deux d’entre eux posent de petits tas de tracts sur un table en bois. Leur discussion tourne autour de l’organisation de cette fin de journée : « Nicolas doit venir plus tard », rappelle l’un d’entre eux. Près de ce stand, posé contre une barrière en fer, le programme du candidat de « La France insoumise » présenté sous forme d’une bande dessinée, le tout dans un langage jeune et dynamique. Certains d’entre eux tendent des tracts aux quelques passants curieux. Je m’approche de l’un d’entre eux , qui m’explique : « Ce matin, il y avait plus de monde, avec le marché ».

Le programme de “la France insoumise” en BD
photo : Katia Nunes

Quelques jeunes viennent progressivement autour de la caravane. Certains d’entre eux jettent un regard intrigué au stand et reprennent leur route. D’autres s’y attardent et profitent d’un de ces rares lieux où la discussion politique se retrouve en plein milieu d’un espace public. C’est le cas de Marius, jeune Trappiste de 17 ans. Ce bon élève se dit engagé politiquement : « Je ne peux pas voter à 3 jours près , mais j’essaye de convaincre, je partage beaucoup sur les réseaux sociaux » assure-t-il. Ses amies Camille et Oriane, Elancourtoises de 18 ans, sont également présentes. Même si elles ne s’intéressent pas à un candidat en particulier, Camille affirme avec le sourire que « c’est important de voter ». Oriane ajoute : « C’est un objectif de s’intéresser à la politique ». Reste à espérer qu’un candidat emportera leur adhésion avant l’heure du premier tour.

D’autres jeunes arrivent ; je décide de quitter Marius et ses amies. Quentin, lui aussi lycéen de 17 ans et militant du Mouvement des Jeunesses Communistes (MJC), est catégorique, voire un peu autoritaire : « Il n’y a rien de pire que les indifférents. Même si les gens n’ont pas les même idées que moi, je veux de l’engagement » dit-il avec conviction. Nul doute que le fort taux d’abstention chez les plus jeunes ne lui convient pas.

D’autres viennent de plus loin, comme Aïcha, 44 ans et Marion et Benjamin, 17 et 18 ans, qui sont de Rambouillet. Eux ne sont pas des passants, mais des militants de la cause Mélenchonnienne. D’un air calme, sous ses longs cheveux bruns, Marion me parle de son implication politique, 2.0 : « Je parle de Mélenchon sur les réseaux sociaux, j’essaye de mobiliser les gens », me dit -elle. Ce qui lui plaît chez Mélenchon ? « Il a un programme assez social ». Benjamin acquiesce avec un sourire. En ce début de soirée, Aïcha, souriante et dynamique, distribue des tracts aux quelques passants qui veulent bien s’arrêter . D’autres militants, soudain plus prosaïques quand la lumière du soleil se fait plus douce en cette fin de journée, s’occupent de mettre en place l’apéritif et le barbecue, comme Andy et Damien, 23 et 24 ans. Ils sont venus de Saint-Cyr pour aider à l’organisation de l’événement, distribuer des tracts et faire du porte à porte.

photo : Katia Nunes

Un peu à part, assis sur de petits tabourets en plastique, se trouve un groupe de 5 adolescents, venus grignoter au buffet. Je décide de me joindre à eux. Scolarisés en 5e et 4e au collège Henri Wallon, à Trappes, Wali, Oumar, Abdou, Ibrahim et Moussa sont marqués par l’actualité politique, en particulier par le discours de Marine Le Pen : « J’aime pas Marine Le Pen, elle veut nous dégager de la France » , « Il faut qu’on soit tous égaux », disent-ils avec une pointe d’énervement dans la voix. « C’est bien dit ça ! » s’exclame spontanément une militante Mélenchonniste, qui décide de se joindre à eux. L’un des jeunes me pose même des questions : « Franchement, est-ce que ça vous dérange qu’on soit en France ? », « Il veut faire quoi François Fillon s’il est élu ? » Je réponds que je ne connais pas tout son programme, mais que j’ai entendu parler de son projet de changer la Sécurité Sociale. Des protestations se font alors entendre : « Il est malade ! La Sécu c’est ce qui rembourse tes soins ! ». Ils évoquent ensuite rapidement Donald Trump. La militante intervient « Vous savez ce qu’il veut faire Mélenchon ? Il veut la cantine gratuite pour tous les enfants. ». Cris de joie des jeunes : « C’est trop bien ça ! ».

La journée de la caravane se termine sur les coups de 18 heures, sous l’épaisse fumée des merguez grillant sur le barbecue qui vient d’être allumé. Les collégiens improvisent une petite chorégraphie en scandant « Jean Luc Mélenchon ! », sous les klaxons de quelques conducteurs enthousiastes qui leur crient « Ouais ! Mélenchon président ! ». Mais les femmes assises place des Merisiers ne sont pas venues.

Katia Nunes

Partager sur :

Infos de l'auteur

Katia Nunès

Versaillaise qui vit maintenant à Guyancourt, amatrice d'arts en tout genre qui aime aussi parler de société, d'éducation et d'inégalités. Curieuse de tout et qui aime apprendre des autres, le Trappy Blog est pour moi un moyen de partager mes expériences et les questions que je peux me poser.