À Voix Haute : la force de l’éloquence sur grand écran à Trappes

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Diffusé dans un premier temps sur France 2, le documentaire À voix haute : La Force de la parole sera projeté au cinéma à partir du 26 mai prochain à Trappes. En attendant, une projection en avant-première y a été organisée jeudi 11 mai.

Le Grenier à Sel est bondé ce soir du 11 mai. Des lycéens trappistes ont été affrétés par des bus de la ville. Et pour cause : France Télévision organisait, en partenariat avec la mairie de Trappes, ce soir-là, une projection en avant-première du documentaire À Voix haute : La Force de la parole. Ayant eu assez de succès à la télévision, le documentaire est projeté dans les salles obscures en version longue depuis le 12 avril. Il sera à l’affiche du cinéma Jean-Renoir à partir du 26 mai prochain. Sur scène, Loubaki Loussalat (formateur-slameur) et Elhadj Touré (3ème d’Eloquentia 2015) était présent pour répondre aux questions des jeunes spectateurs. Ils étaient accompagnés de deux responsables de France TV, dont Naïma Bouziane, directrice de La Responsabilité Sociale et Environnementale.

Créé en 2013, le concours Eloquentia permet à tous les étudiants de l’Université Paris 8 ainsi qu’aux habitants de Saint-Denis (93), de 18 à 30 ans, de s’affronter lors de joutes verbales. Pour faire parler de son concours, Stéphane de Freitas a voulu sortir la caméra deux ans après la première édition, et a réalisé avec son équipe technique un documentaire à Saint-Denis : « Ils ont capté des émotions et des temps forts », explique Loubaki Loussalat qui avait les cheveux disco dans le film, mais est apparu chauve ce soir-là . Ce formateur-slameur a pour mission de préparer les candidats au concours d’éloquence en menant des ateliers d’écriture et de déclamation de poésie. « Il y a aussi des ateliers gérés par des avocats du barreau de Paris, du coaching vocal, de la mise en scène...», égrène-t-il.

Être candidat à un concours d’éloquence n’est pas une évidence pour les étudiants, peu à l’aise devant un public : faire passer un message, s’exprimer parfaitement… Les appréhensions sont multiples et pourtant « Je me suis dit qu’il se passait un événement majeur dans mon université et que je ne pouvais pas passer à côté ! » raconte Elhadj Touré, candidat d’Eloquentia en 2015. Si tous les étudiants peuvent concourir, 32 candidats sont sélectionnés pour la formation. Les phases finales ne se font pas sur le talent, l’excellence n’étant pas l’objectif. « L’idée est de prendre les candidats les plus motivés » affirme Loubaki Loussalat.

Généreux en applaudissements et sifflets, les jeunes n’étaient pas aussi à l’aise quand vint le tour de poser des questions. Hésitant à poser leurs questions de peur qu’elles soient ridicules ou simplement idiotes, ils n’ont cependant aucun mal à faire part de leur fascination pour Loubaki Loussalat, la maîtrise de son flow et la subtilité de sa poésie. Tout d’abord par l’humour : « C’est vous le poète ? Vous avez mis une perruque ? », lance un garçon assis dans les gradins en fond de salle. Puis directement sur le sujet « C’est vraiment vous qui avez écrit les poèmes que vous déclamez dans le film ? » demande une fille qui a dû répéter sa question plusieurs fois pour se faire comprendre. « Vous pouvez nous en dire un ? » propose un autre lycéen. Il n’en fallut pas plus pour que l’assistance répète, enthousiaste, la proposition et que Loubaki cède. Il déclame France Amour devant un public médusé et silencieux.

2015 est marquée par les attentats et les manifestations dans la rue pour crier l’attachement de chacun à la liberté d’expression. Eloquentia et les candidats de Paris 8 « étaient en plein dedans », se souvient Elhadj Touré avant d’expliquer que le concours a été organisé dans la foulé et que cela a ajouté de la motivation. Après de longues semaines de travail et de plaisir, Elhadj Touré remporte le troisième prix sans rancœur. « Je ne voulais pas gagner », confie-t-il sincèrement avant d’expliquer, « pour moi le plus important était de faire passer un message ».

Hier peu connu du grand public, le concours a réussi à faire parler de lui. « Cela donne de la visibilité », confirme Loubaki Loussalat. D’autres concours Eloquentia ont été lancés en Île-de-France, à Nanterre, Grenoble, Limoges. « Ce film parle à tous », s’émeut Elhadj Touré. L’engouement est tel que même les étudiants de l’Université de Versailles-Saint-Quentin en Yvelines ont organisé leur propre concours d’éloquence sur l’ensemble des campus.

Tristan Péribois

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Infos de l'auteur

Tristan Péribois

Dionysien de naissance mais Guyancourtois de cœur, j'ai grandi entre Guyancourt, Montigny et Voisins. Passionné de lecture, d'écriture et de politique, j'ai crée un blog "Elections Guyancourtoises" et participé à la rédaction du journal local "Le Complément". Le Trappy Blog est une nouvelle étape dans mon engagement.