13 ans : retour aux sources, au Sénégal

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J’étais élève en 4ème au collège des Saules à Guyancourt, lorsque j’ai décidé de partir vivre au Sénégal, dans mon pays d’origine, sans mes parents, en quête de liberté et de fraîcheur. J’y ai passé deux ans, riches en émotions et en découvertes. De retour en France, je porte un regard sur cette expérience.


L’adolescence, a rapidement été pour moi une période difficile. J’ai depuis toujours eu beaucoup de mal à me plier aux règles, ou à la routine. Ce désir de liberté est vite devenue un handicap, notamment lorsqu’il s’agissait de gérer l’autorité parentale. En effet, comme beaucoup d’adolescents, je me suis sentie étouffée par mes parents. On parvenait à éviter la plupart des conflits, mais peu à peu, j’ai voulu partir, quitter la France, voir autre chose, devenir indépendante, vous me direz à 13 ans ce n’est pas vraiment chose simple. Je souhaitais au début, aller en Angleterre, pour me familiariser avec l’anglais, mais étant donné que je n’y ai aucune famille proche, mon père n’a pas voulu et puis tout compte fait niveau dépaysement ce n’est pas vraiment énorme. J’ai finalement décidé d’aller au Sénégal, d’abord parce que c’est mon pays d’origine, et que j’y allais presque chaque vacance d’été. Ensuite parce qu’une bonne partie de ma famille s’y trouve, ce qui a tout de suite rassuré mes parents.

Un départ précipité

Au bout d’une semaine, mes parents, mes amis, la France me manquaient. Tout s’est fait très vite, j’ai d’abord demandé à ma grand-mère maternelle si je pouvais loger chez elle, elle a évidemment tout de suite accepté même si elle n’a pas compris mes motivations. Mon père m’a acheté mon billet d’avion moins d’une semaine après. Je pense que le fait que certains de mes cousins et cousines aient fait la même expérience (bien qu’ils fussent plus âgés que moi) dans d’autre pays. Et qu’ils en soient enrichis à fait que mes parents ont rapidement accepté. A ma grande surprise le pus difficile à été de dire au revoir à mes amis qui ne comprenait pas vraiment mon choix, beaucoup pensaient que mes parents m’avaient obligé à partir suite à des problèmes avec eux, qu’ils m’avaient « envoyé au bled », on a tous au moins une fois déjà entendu ce genre d’histoire.

Une adaptation difficile

Malgré ma volonté de partir, j’ai quitté l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle en pleure et je suis arrivée à l’aéroport Léopold Sédar Senghor, perdu. Bien que ça ne fût pas la première fois, c’est diffèrent lorsqu’on est seul ! C’est là que j’ai réellement pris conscience de la situation. Les premiers jours ont été particulièrement difficiles, on néglige souvent les choses qui font notre quotidien comme le rire de notre mère ou les disputes avec nos frères et sœurs qui font qu’on les aime tant. Le Sénégal dans lequel je vivais ressemble beaucoup à la France sur certains points. La maison de ma grand-mère ressemble à n’importe quel pavillon de la région d’île de France. J’étais dans un lycée français, la Cours Sainte-Marie de Hann, je fréquentais donc des jeunes français expatriés, ou des personnes d’origines diverses, mais surtout des filles et fils à papa. Ce n’est pas vraiment ceux à quoi je m’attendais. Et je me sentis très vite mal de vivre aussi aisément quand les trois-quarts de la population sénégalaise meurt de faim.

La nostalgie s’installa rapidement…

Au bout d’une semaine, mes parents, mes amis, la France me manquaient. Je ne m’attendais pas à ce que la séparation avec mes parents, mon petit frère et ma petite sœur soit aussi peu supportable, j’ai vite voulu rentrer, mais en plein milieu de l’année, c’était presque impossible, surtout l’année du brevet. Mes amies me manquaient beaucoup, même si je leur parlais beaucoup via les réseaux sociaux, je pleurais souvent au tout début, me demandant ce qui m’avait pris. Mais je pense que c’est normal quand on change d’environnement lorsqu’on est aussi jeune choix. Heureusement, j’étais bien entourée, ma grand-mère, mes tantes, mes cousins et cousines ont été très présents pour moi. Je me suis finalement fait à la séparation avec mes parents, certes, ils me manquaient toujours autant, mais plus au point par exemple que je demande à rentrer, puis un des deux au moins venait pendant les petites vacances scolaires.

L’école au Sénégal c’est comme en France… en plus agréable

J’ai eu du mal à me faire des amis au début, déjà parce que j’avais le sentiment de chercher à remplacer mes amis de France, ce qui ne me semblait pas très loyal. Et puis je me suis rendu compte qu’il n’y avait rien de mal à cela, et j’ai pu me lier d’amitié avec des personnes de toutes les nationalités. En effet, j’ai eu la chance d’être dans une école multiculturelle et multiraciale. J’ai également eu des professeurs qui m’ont beaucoup appris. Ils ne nous instruisaient pas seulement, ils nous enseignaient la vie. Ils étaient proches de nous, souhaitaient sincèrement notre réussite et notre épanouissement, quitte à prendre sur beaucoup de leur temps personnel, en dehors des cours. Cette proximité n’entachait pas la rigueur attendue et le niveau élevé des élèves qui poussaient chacun à se surpasser.

Un séjour qui m’a permis de grandir

Et si c’était à refaire ? Je le referais sans hésiter. Bien que les débuts aient été difficiles, je n’ai tiré que du bon de cette expérience. J’ai non seulement appris à me débrouiller toute seule, mais ça m’a aussi permis de me rendre compte à quel point la famille est importante. Au Sénégal tout est plus convivial, la vie est plus légère, les gens sont plus optimistes, plus heureux, plus simples. J’ai très vite adopté ce style de vie, cette nonchalance, ce goût pour la vie. Aujourd’hui, je suis de retour en France, et je profite pleinement de tout ce qui m’avait manqué, même s’il m’arrive d’être nostalgique de mon séjour au Sénégal. Heureusement, j’irai cet été !

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Infos de l'auteur

Maïmouna Diakhaté 16 ans, élève en 1ère ES